Protech Sécurité a deux gros chantiers en cours : un premier, en Europe, qui doit être tenu secret mais dont elle sait qu’il l’occupera pendant les deux ans à venir. Le second, plus local, concerne la sécurisation du futur Hôtel des Polices de Nice, qui s’étendra sur 50 000 m2.
Depuis son discret atelier et ses bureaux de Vallauris, l’entreprise familiale travaille essentiellement en B to G. Comme dans B to B ou B to C, le B vaut toujours pour "business". Le G pour Gouvernement, par le biais d’appels d’offres des ministères. "Ce peut aussi être en B to B to G via de grands groupes qui allotissent ensuite", précise le dirigeant, Axel Ozimek.
Robustesse et esthétique
La PME de 15 salariés, dont le chiffre d’affaires oscille entre 3 et 4 millions d’euros, conçoit et fabrique des solutions de protection pour des bâtiments sensibles, de hauts lieux touristiques, des sites militaires. Sa plus grande vitrine, qui fut aussi son "premier gros chantier", aura été jusqu’à présent "le marché de la Tour Eiffel qui nous a fait monter un palier".
Du mur de protection pare-balles de 3 mètres de haut qui ceint la Dame de Fer, Protech Sécurité a réalisé la structure; le verre sortant des usines de Saint-Gobain. Comme tous ses produits, il est testé et certifié selon les plus hautes normes de sûreté européennes. Un défi à la fois technique et esthétique que ce chantier exceptionnel. C’est une de ses marques de fabrique : "allier robustesse avec des certifications maximales, à de l’esthétique. C’est un tournant que nous avons pris il y a quelques années."
Loin du temps de la création de l’entreprise, par Mylène Comba, la mère d’Axel Ozimek, qui se consacrait alors à la sécurisation d’agences bancaires. Celles-ci se faisant moins nombreuses, il lui a fallu se diversifier. Sont arrivés les prisons, leurs miradors et leurs guérites, les palais de justice et tribunaux, les bases navales, les grands musées. Jusqu’à la Cour de Justice européenne à Luxembourg.
De l’innovation sur-mesure
L’innovation est également devenue une brique majeure. "L’innovation, c’est ce qui fait qu’on ne meurt pas, reprend le patron azuréen. Que ce soit par le biais du ministère de l’Intérieur, de la Justice ou de la Défense, l’État nous dit : nous avons besoin de tel produit, êtes-vous capables de le faire ? Nous évoluons ainsi avec l’exigence de nos clients." Des exigences auxquelles Protech Sécurité et son bureau d’études répondent par du sur-mesure.
Quand il s’agit d’équiper la guérite à l’entrée du palais de justice de Paris pour le procès des accusés de l’attentat du Bataclan et de celui de la Promenade des Anglais de Nice. Ou quand l’Élysée réclame un "produit" à inventer en moins de deux mois, pour être installé aux angles des rues alentour, qui puisse être facilement transportable, flexible et bien sûr ultra-robuste. Il y a aussi le portail d’entrée de Matignon, "pare-balles, coulissant et magnifique." Ou encore le box des accusés d’un procès particulièrement sensible. Les exemples ne manquent pas. "Nous faisons en ce moment des poteaux qui seront installés dans le cadre du Grand Paris. Ils ont besoin de beaux éléments verriers qui servent également de barrières."
L’international comme une possibilité
Une agilité qui, selon Axel Ozimek, place Protech Sécurité comme "la plus petite dans la cour des grands", face à de plus gros qui "doivent gérer leur inertie, alors que nous sommes naturellement agiles."
Suffisamment en tout cas pour répondre aussi à l’international. Au Cameroun, lors de la Coupe d’Afrique des Nations, c’est Protech Sécurité qui a été appelé pour sécuriser la zone présidentielle du stade de Yaoundé. Aujourd’hui, la PME ne veut pas se disperser et envisage l’international comme "un des leviers de croissance". Sa priorité 2025 sera d’abord de développer de nouveaux produits.