Isère
DataOne ambitionne de déployer "le plus grand supercalculateur d’Europe" à Grenoble
Isère # Numérique # Implantation

DataOne ambitionne de déployer "le plus grand supercalculateur d’Europe" à Grenoble

S'abonner

Le français DataOne a racheté deux centres de données vieillissants en périphérie grenobloise en vue de les transformer. Un nouveau site rénové devrait ouvrir en juin prochain et fournir une puissance de 15MW. Avec l’ambition d’atteindre les 400 MW d’ici deux ans pour donner naissance au "plus puissant supercalculateur d’Europe". Le projet associe le groupe émirati G42 et le géant des semi-conducteurs AMD.

Charles-Antoine Beyney dirigeant de DataOne — Photo : DataOne

Le groupe émirati G42, spécialisé dans la recherche sur l’IA et le cloud, ainsi que le géant américain des semi-conducteurs AMD ont annoncé il y a quelques jours à l’occasion du sommet de l’IA un "investissement stratégique", destiné à l’ouverture d’un gigantesque data center à Grenoble, qui hébergera des supercalculateurs. Le montant du projet n’a pas été dévoilé mais pourrait se chiffrer à plusieurs centaines de millions d’euros. Et c’est la société française de data centers DataOne (20 salariés, CA non communiqué), dont le siège est à Paris, qui mènera à bien ce colossal projet d’un point de vue opérationnel.

"Core42, filiale de G42, nous a confié la mission de déployer le plus puissant supercalculateur d’Europe", explique Charles Antoine Beyney, dirigeant de DataOne, qui vise un site d’une puissance de 400 MW à terme. "La société Core-42 fournira des GPU (processeurs graphiques assurant des fonctions de calcul, NDLR) as a service, c’est-à-dire qu’elle louera aux entreprises des capacités de calcul à la demande. Comme annoncé, ils ont choisi de travailler avec le fabricant de cartes graphiques américain AMD dans un premier temps," ajoute le dirigeant. "De notre côté, nous sommes propriétaires des murs et de l’outil industriel permettant de fournir la puissance électrique et de refroidir ces milliers de GPUs", poursuit Charles-Antoine Beyney.

Un investissement soutenu par le fonds Ardian

Filiale française du fournisseur irlandais d’infrastructures et de connectivité BSO, DataOne a en effet acquis dès sa création à l’automne dernier deux centres de données déjà existants, à Eybens et Villefontaine (Isère), d’une puissance de 15 MW chacun et d’une superficie de 50 000m². "Nous avons levé de la dette auprès du fonds d’investissement Ardian pour investir dans ces deux centres de données, que nous avons rachetés auprès de DXC Technolgy", poursuit Charles-Antoine Beyney, qui n’a pas révélé le montant de l’investissement.

Des data centers alors "vieillissants" que la jeune entreprise est en train de transformer pour en faire des centres destinés à l’entraînement de l’IA et dotés d’un système de refroidissement "révolutionnaire", une technologie que l’entreprise a tenu secrète.

"C’est ce système de refroidissement qui a notamment permis de convaincre G42 de travailler avec nous. Nous avons besoin de clients robustes car nous investissons dans des actifs de très long terme, poursuit le dirigeant. Core 42 possède l’avantage d’avoir accès à des ressources financières extrêmement importantes."

Un agenda ambitieux

Autre argument qui a séduit la société émiratie : la vitesse de développement du projet de DataOne. L’entreprise devrait livrer un premier site dès le mois de juin prochain et atteindre le seuil des 15 MW puis 40 MW sur chacun des data centers, qui sont déjà interconnectés, d’ici la fin de l’année. "Dans le domaine de l’IA la course à la puissance est essentielle. Notre objectif est de mettre à disposition du marché plus de 400 MW d’ici deux ans au travers de ces deux data centers et encore beaucoup plus par la suite", poursuit le dirigeant. Une puissance électrique capable de faire tourner des dizaines voire des centaines de milliers de GPUs.

Le site pourrait fournir 15 millions d’euros de chaleur fatale par an

Le choix de l’Isère n’est pas anodin pour l’installation de ces deux futurs supercalculateurs. D’une part parce que "I’Île de France est saturée de data centers, rendant l’accès à l’électricité plus compliqué". Ensuite, parce que l’énergie hydraulique est omniprésente dans le département. "Il était essentiel pour nous d’avoir accès à une énergie décarbonée", ajoute le dirigeant de DataOne. Car l’entreprise ambitionne d’avoir une empreinte carbone nulle, voire de contribuer à alimenter le réseau local. "Nous sommes en discussion avec la métropole de Grenoble pour lui fournir jusqu’à 15 millions d’euros de chaleur fatale tous les ans", termine le dirigeant.

Isère # Numérique # Implantation # Investissement industriel
Fiche entreprise
Retrouvez toutes les informations sur l’entreprise DATAONE GRENOBLE SAS