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Après une hausse d’activité en 2025, la Banque des Territoires Hauts de France vise le marché des data centers souverains
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Après une hausse d’activité en 2025, la Banque des Territoires Hauts de France vise le marché des data centers souverains

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Avec 3,2 milliards d’euros de prêts signés en 2025, la Banque des Territoires Hauts-de-France a accéléré sur le financement du logement social et des grands projets publics. Elle se positionne désormais sur le marché des data centers souverains, appelés à redessiner la carte numérique européenne.

Olivier Camau, directeur régional de la Banques des Territoires en Hauts-de-France, lors de la présentation des résultats 2025 et perspectives 2026 — Photo : Elodie Soury-Lavergne

La Banque des Territoires Hauts-de-France a bouclé en 2025 un très bon exercice, avec 3,2 milliards d’euros de prêts signés, en hausse de 18,5 % sur un an, et 87 millions d’euros engagés en fonds propres. "Nous sommes clairement dans une dynamique supérieure au poids économique de la région", a souligné Olivier Camau, directeur régional, en rappelant que le territoire pèse près de 10 % de l’activité nationale de l’institution, pour 7 à 8 % du PIB français.

Une activité portée par le logement et les collectivités

Sans surprise, le logement social reste le premier moteur, avec 2,1 milliards d’euros de nouveaux prêts, en hausse de 10 %. La Banque des Territoires a ainsi accompagné la construction ou l’acquisition de près de 10 300 logements sociaux et la réhabilitation de plus de 15 700 autres. La dynamique des collectivités locales accélère elle aussi. Les financements ont dépassé le milliard d’euros, soit une hausse de 38 %, tirés par de grands dossiers structurants, du Grand Port de Dunkerque au barreau ferroviaire Creil-Roissy.

Des fonds propres pour les projets structurants

L’autre marqueur de 2025 réside dans la progression des investissements en fonds propres. Avec 17 projets accompagnés pour 87 millions d’euros (contre 61 M€ dans 16 projets en 2024), la Banque des Territoires a injecté des capitaux dans le tourisme, la santé, les outils de développement territorial ou encore la transition énergétique. "Cette logique de co-investissement reste un levier central pour faire émerger des projets que le marché privé juge parfois trop peu rentables, à l’image d’hôtels dans les villes de taille intermédiaire ou d’usines de recyclage", note le directeur.

Data centers en ligne de mire

"2026 sera l’année du numérique", poursuit-il. Plusieurs projets XXL de data centers et de supercalculateurs pourraient voir le jour dans la région. Les Hauts-de-France figurent parmi les territoires français les mieux placés pour accueillir les premiers sites dédiés à cette nouvelle vague d’investissements numériques. Les derniers montants annoncés donnent la mesure de l’enjeu : "3 à 5 milliards d’euros par projet pour l’infrastructure seule, et jusqu’à 30 à 40 milliards d’euros en intégrant les équipements IT et les supercalculateurs", souligne le directeur.

"Notre ambition n’est pas d’accompagner tous les projets de data centers, mais les acteurs souverains capables de faire émerger une filière stratégique."

Face à ces tickets inédits, la Banque des Territoires souligne ne pas vouloir suivre la course aux grands opérateurs internationaux. "Notre ambition n’est pas d’accompagner tous les projets, mais les acteurs souverains capables de faire émerger une filière stratégique", résume Olivier Camau. Le groupe Caisse des Dépôts prévoit d’ailleurs de mobiliser 18,5 milliards d’euros sur le numérique à l’échelle nationale, ce qui limitera à quelques dossiers seulement les projets soutenus.

Du foncier disponible

Pour la région, l’enjeu dépasse la seule création d’emplois, relativement limitée sur ce type d’actifs très capitalistiques. Il touche à (reformuler / Il devrait avoir un impact etc.) la fiscalité locale, à l’attractivité foncière et à la souveraineté industrielle. Avec ses friches disponibles et sa proximité avec les grands hubs européens, les Hauts-de-France pourraient ainsi accueillir, d’ici trois à quatre ans, les premiers très grands supercalculateurs d’Europe. Une perspective qui place la région parmi les mieux positionnées sur la nouvelle carte stratégique du numérique.

Hauts-de-France # Banque # Numérique # BTP # Investissement # Services de l'Etat # Infrastructures