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Dans les Hauts-de-France, une année 2021 entre soutien aux entreprises et reprise pour Bpifrance
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Dans les Hauts-de-France, une année 2021 entre soutien aux entreprises et reprise pour Bpifrance

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L’antenne des Hauts-de-France de Bpifrance publie ses résultats pour 2021. Une année marquée par le retour à la croissance, mais aussi, par de nouvelles difficultés pour les entreprises.

Bpifrance a financé le retour de la croissance en 2021, tout en maintenant plusieurs dispositifs de soutien aux entreprises, en difficulté à cause du Covid — Photo : Bpifrance

Plus encore que 2020, 2021 aura été une année de forte mobilisation pour Bpifrance, présente sur un double front. La banque publique a en effet continué à soutenir les entreprises face aux difficultés liées au Covid, tout en alimentant la reprise de la croissance.

De fait, dans les Hauts-de-France, Bpifrance a soutenu 5 150 entreprises l’an dernier, contre 4 809 en 2020. Elle a injecté 1,7 milliard d’euros dans l’économie régionale, au travers des différents dispositifs auxquels elle prend part. Grâce à l’effet levier, ces fonds ont permis de lever, en tout, 4 milliards d’euros, contre 3,4 milliards l’an dernier, annonce la banque.

"Un euro versé par Bpifrance permet de mobiliser trois euros auprès des banques ou d’investisseurs privés. Le ticket moyen se situe autour d’un million d’euros, mais peut grimper jusqu’à 50 millions d’euros pour des grands groupes. En parallèle, nous avons des investissements dans des TPE qui tournent autour de 50 000 €", résume Sébastien Robert-Charrerau, directeur régional de Bpifrance à Amiens. En 2021, Bpifrance a investi ou réinvesti en direct dans 15 entreprises des Hauts-de-France. Au total, la banque intervient en fonds propres dans 48 entreprises régionales, pour un montant de 207 millions d’euros.

Focus sur l’industrie

Opérateur, sur le terrain, des différents plans nationaux de subventions, l’activité de Bpifrance reflète les objectifs et ambitions des pouvoirs publics, actuellement très focalisés sur l’industrie. Après les PGE, la banque publique est donc en charge de distribuer les enveloppes du plan "French Fab" destiné à rebooster l’industrie. "Il y a un déficit d’industrie en France, l’objectif est de faire passer sa part de 10 % à 20 % du PIB, a minima. Nous devons donc créer une émulation au sein des communautés locales, à travers une palette d’accompagnements dédiés", détaille Yannick Da Costa, directeur régional à Lille.

Parmi ces outils, le plan France 2030 prévoit d’accélérer les start-up industrielles, pour les aider à franchir très vite le pas de l’industrialisation. Avec l’objectif, de compter 100 usines supplémentaires par an d’ici 2025, à l’échelle de l’hexagone. Une politique ambitieuse, dont Bpifrance s’est fait l’écho dès l’année dernière. "En 2021, sur le podium des secteurs accompagnés, on retrouve, dans l’ordre, l’industrie, le commerce, et les services. En 2020, c’était, services, commerce, industrie", note Yannick da Costa. En 2021, 33 % des interventions de la banque ont concerné l’industrie. De leur côté, les entreprises actives dans des secteurs étiquetés "d’avenir" ont drainé 34 % des financements : le numérique, la santé, la transformation énergétique.

En parallèle, Bpifrance continue de déployer le plan Climat, avec 57 millions d’euros de prêts Énergie et 108 millions de Prêts Vert accordés à 71 entreprises, pour financer des projets améliorant leur impact environnemental et énergétique. Lancés fin 2020, en partenariat avec l’Ademe, ces prêts verts s’adressent à toutes les entreprises, mais intéressent particulièrement l’industrie, notent les directeurs régionaux de Bpifrance. En parallèle, 53 entreprises ont bénéficié d’un diagnostic impact carbone, destiné à les aider à établir un plan d’action vers la transition énergétique.

Les effets du Covid encore sensibles

En 2021, les mesures de soutien aux entreprises liées au Covid se sont également poursuivies. Le Prêt Rebond Hauts-de-France a ainsi été accordé à 177 TPE et PME l’an dernier, pour 15 millions d’euros. Mais ont également été distribués, 17 millions d’euros de Prêts Tourisme et de Prêts Rebond Tourisme pour accompagner les entreprises du secteur, et 19 millions d’euros de Prêt Croissance Relance permettant notamment de soutenir l’investissement industriel de 12 entreprises régionales.

La vigilance reste de mise en 2022 : malgré une forte reprise en 2021, de nouvelles difficultés émergent pour les entrepreneurs. "L’activité était bien repartie en 2021, mais depuis, les problèmes s’accumulent, entre les problèmes de recrutement, les pénuries de matières premières et les hausses de coûts, et désormais la guerre en Ukraine, qui est un nouveau coup dur", pointe Yannick da Costa. Pour certaines entreprises, ces difficultés vont coïncider avec le début du remboursement de leur PGE, programmé pour début avril. "Beaucoup d’entreprises l’ont déjà remboursé, ou ont gardé les fonds par prudence. Certaines d’ailleurs s’en sont servi ces derniers mois, comme d’un complément de trésorerie bienvenu pour faire face aux hausses des prix des matières premières. D’autres, peu nombreuses, ont un gros PGE à rembourser, et dans le contexte, ça peut être compliqué. Un étalement sur dix ans est envisageable", rappelle Yannick da Costa.

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