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"Dans le Grand Est, EDF cherche à recruter plus de 1 600 collaboratrices et collaborateurs en 2024"
Interview Grand Est # Production et distribution d'énergie # Transition énergétique

Laurence Gérardin déléguée emploi EDF Grand Est "Dans le Grand Est, EDF cherche à recruter plus de 1 600 collaboratrices et collaborateurs en 2024"

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Dans le Grand Est, EDF a mobilisé ses équipes pour permettre à 30 stagiaires de seconde de découvrir six sites de production et les métiers s’y rattachant. Une opération visant à faciliter les recrutements : l’énergéticien veut embaucher 1 600 personnes en 2024 et va devoir poursuivre les efforts pour faire face au chantier du nouveau nucléaire.

Laurence Gérardin, déléguée emploi EDF Grand Est, veut permettre aux "jeunes de mener une réflexion approfondie sur les métiers scientifiques et techniques pour exercer à l’avenir dans ces filières" — Photo : Jean-François Michel

Vous accueillez pour la première fois 30 stagiaires de seconde pour découvrir six sites EDF dans le Grand Est. Quel est votre objectif ?

Notre objectif, c’est d’abord de faire découvrir la transition énergétique et les métiers de l’énergie, en résonance avec la sensibilité environnementale de ces jeunes de 15, 16 ans. Ensuite, nous voulons aussi faciliter leur orientation à venir, en élargissant le champ des métiers dont ils auront connaissance. Car dans le Grand Est, EDF cherche à recruter plus de 1 600 collaboratrices et collaborateurs en 2024, dont 700 nouveaux salariés en CDI, 650 alternants et 300 stagiaires

L’ampleur des recrutements à venir est liée au déploiement du nouveau nucléaire ? La filière indique être à la recherche de 10 000 personnes par an jusqu’en 2033.

Tout à fait. La question du recrutement dans la filière nucléaire est connue, mais dans le prolongement, la filière des réseaux, la filière des énergies renouvelables et des nouveaux services énergétiques vont également recruter, de l’ordre de 5 000 personnes chacune par an pendant 10 ans. Et donc tout ce que nous mettons en œuvre dès à présent, permet de semer des graines pour éveiller les consciences, pour permettre aux jeunes d’avoir une meilleure connaissance du monde industriel, de ces milieux de travail. Ce genre d’opération nous permet aussi de démystifier l’environnement de travail et permet à ces jeunes de mener une réflexion approfondie sur les métiers scientifiques et techniques pour exercer à l’avenir dans ces filières.

"Aujourd’hui, le recrutement est devenu multicanal."

Avec ce genre d’initiative, vous travaillez pour toute la filière ou essentiellement pour l’entreprise ?

Nous sommes évidemment impliqués dans la filière et nous travaillons bien évidemment de concert avec l’ensemble de nos partenaires industriels.

Est-ce qu’EDF doit aujourd’hui multiplier les efforts pour parvenir à recruter ?

L’entreprise a toujours dû séduire. Mais aujourd’hui, nous sommes face à un rebond de l’industrie, avec de nouveaux projets de construction de centrales nucléaires, mais également des réseaux pour raccorder tous ces équipements, et nous ne sommes pas les seuls à recruter. Donc il nous faut travailler nos sujets d’attractivité. Nous avons par exemple un site web vitrine, "EDF recrute", sur lequel il est possible de consulter des vidéos, de retrouver toutes nos offres d’emploi par exemple.

30 jeunes stagiaires de seconde ont pu découvrir les métiers du thermique au Cycle combiné gaz de Blénod, en Meurthe-et-Moselle — Photo : Jean-François Michel

Donc l’entreprise doit jouer tous ses atouts pour atteindre ses objectifs ?

Aujourd’hui, le recrutement est devenu multicanal. Il n’est pas possible de s’adresser aux différents types de personnes de la même manière. À titre d’exemple, il ne faut pas oublier que les parents sont des prescripteurs également, donc il est nécessaire de s’adresser à eux aussi, car ils sont impliqués dans l’orientation de leurs enfants. Bien sûr, les personnels qui s’occupent tous les jours de l’orientation et de la formation sont aussi destinataires de nos messages. Donc oui, nous devons jouer sur tous les tableaux et nous adapter à notre cible.

En tant que DRH, avez-vous changé votre façon de vous adresser aux nouvelles générations qui rentrent sur le marché du travail ?

Pour les nouvelles générations, le sens est devenu très important, peut-être plus qu’avant. Faire comprendre que nos métiers, les métiers de la transition énergétique, les métiers liés à la décarbonation sont non seulement porteurs d’avenir mais font sens, c’est très important. Évidemment, réussir à leur faire toucher du doigt que nos métiers sont à la fois porteurs d’avenir, puisque nombreux en volume, mais aussi porteurs de sens pour être en phase avec leur sensibilité environnementale, c’est la clé. Mais sur le champ du recrutement, les atouts de l’entreprise, nous avons toujours su les mettre en avant : l’innovation, les environnements de travail dynamiques, le fait de casser les idées préconçues sur l’industrie dont fait partie le nucléaire, ça a toujours fait partie de nos modes de communication.

"Nous allons reprendre rendez-vous avec eux pour voir ce qu’ils sont devenus."

Quel message EDF souhaite faire passer à ces jeunes gens ?

EDF est un producteur d’énergie décarbonée. Et c’est ce que nous voulons essayer de faire comprendre à travers ce genre de stage, et au-delà faire prendre conscience aux jeunes que pour y arriver, EDF rassemble 230 métiers. En Grand Est, nos prévisions de recrutement 2024 se répartissent à environ 40 % pour EDF, 40 % dans les services énergétiques soit essentiellement Dalkia, 10 % chez Enedis et 10 % pour Électricité de Strasbourg. Les offres sont réparties à hauteur de 25 % au niveau du Bac, 55 % au niveau d’un Bac + 2 ou 3 et 20 % au niveau ingénieur.

Comment allez-vous mesurer l’impact de ce genre de stage sur les jeunes ?

Notre objectif est de pouvoir suivre ce que ces jeunes vont faire à l’avenir et les choix d’orientation qu’ils vont prendre. Est-ce que ce dispositif, expérimental, mis en place pour la première année, peut susciter des vocations chez l’un ou l’autre des stagiaires ? Nous recrutons globalement à tous les niveaux du CAP au Bac + 5, principalement à l’issue des filières de formation scientifique et technique, donc notre objectif, ce sera de reprendre rendez-vous avec eux pour voir ce qu’ils sont devenus. En seconde, ils sont encore très jeunes, mais certains savent déjà ce qu’ils veulent faire. Pas forcément un métier, mais une orientation. Je veux aller dans l’informatique ou dans la mécanique, c’est un discours qui nous intéresse, parce que nous recrutons des Bac Pro électricité, des BTS électrotechniques mais aussi des ingénieurs cybersécurité par exemple.

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