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Olivier Talbert, un homme animé par les réseaux
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Olivier Talbert, un homme animé par les réseaux

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En 2013, Olivier Talbert monte un petit club d'affaires dans le Valenciennois, où il dirige déjà une société de vente de mobilier de jardin, La Villa d'Olivier. Dix ans plus tard, son entreprise Business O2 chapeaute une quarantaine de clubs en France, a organisé plus de 1 000 déjeuners d'affaires et se diversifie. Coup de projecteur sur cet homme de réseau.

Olivier Talbert, fondateur et dirigeant de la société Business O2, basée à Valenciennes — Photo : ©lionel piquard

Olivier Talbert est avant tout un homme de réseau. Il a la conversation facile et prête une oreille attentive à ses interlocuteurs. "La première qualité, pour moi, c’est la curiosité". Mais ce qui domine pourtant chez ce chef d’entreprise valenciennois, ce sont deux autres caractéristiques : on le sent aussi perfectionniste qu’audacieux. Des qualités qui étaient sans doute nécessaires pour mener à bien un projet professionnel un peu fou, imaginé en janvier 2012, durant une partie de tennis. Il s’agissait de créer un petit club d’affaires sur son territoire. "Un de plus ?" ont commenté plusieurs de ses interlocuteurs à l’époque. "Ils n’étaient pas nombreux à y croire, se souvient Olivier Talbert, amusé. Le concept était d’ailleurs un peu flou au départ", reconnaît-il.

Après avoir fait l’objet de multiples réécritures, ce projet a donné naissance, dix ans plus tard, à un important réseau de clubs d’affaires en France, chapeauté depuis Valenciennes par la société Business O2. Rien ne destinait pourtant ce Tourangeau d’origine à un tel projet. Arrivé à Valenciennes pour suivre son épouse, il a réalisé toute sa carrière dans la vente, en tant que salarié, avant de créer en 2012 la Villa d’Olivier, une société de vente de mobilier de jardin, revendue fin 2021. Fier de ce succès, Olivier Talbert n’est toutefois du genre à s’en contenter. Son ambition est claire : "devenir le leader du réseau d’affaires en France".

Une organisation au cordeau

Business O2 compte désormais 40 clubs d’affaires en France, pour environ 3 000 membres. Un succès que le dirigeant attribue à son choix de "professionnaliser les clubs d’affaires". La société emploie douze salariés, qui s’affairent en coulisse afin que chaque club organise sereinement une rencontre par mois entre ses membres. Cela se déroule sous la forme d’un déjeuner en tables rondes, avec l’intervention d’une personnalité du monde économique, politique, culturel, sportif, culinaire, etc. Les clubs ont ainsi vu défiler François Hollande, le chef étoilé Thierry Marx, le président du Sénat Gérard Larcher, le fondateur d’Auchan Gérard Mulliez, etc. L’organisation, discrète, est menée au cordeau. "Nous avons développé nos propres systèmes, qui permettent par exemple de remplacer, au pied levé et sans stress,  un intervenant qui se désisterait à la dernière minute, ou encore d'éviter les faux pas lors de la réalisation des plans de table".

Ce professionnalisme, couplé à une bonne dose de détermination, a permis au projet de prendre son envol. En 2022, Business O2 a réalisé un chiffre d’affaires de 2 millions d’euros, tout en étant rentable, avec un développement financé en fonds propres. Elle devrait atteindre 4,5 millions d'euros en 2024, avec 50 clubs d’affaires. "On parle aujourd’hui en millions d’euros. Au démarrage, je n’y croyais pas ! avoue le dirigeant. J’ai même eu peur, quand j’ai acheté un bâtiment pour y installer notre siège. Le plus difficile, c’était de poser les fondations… Le concept a vraiment décollé au bout de huit ans". Avec le recul, ce dont Olivier Talbert est le plus fier, c’est "d’être parti d’une page blanche. Les business clubs, ce n’est pas un concept qui a été acheté".

Garder les pieds sur terre

De cette décennie à la tête de Business O2, Olivier Talbert a gardé de nombreux souvenirs dans son bureau : photos, objets dédicacés, courriers de remerciements, cadeaux offerts par ses équipes… Une accumulation qui témoigne de l’attachement à son projet. Ce dixième anniversaire, il l’a d’ailleurs fêté en grande pompe, louant une partie de Lille Grand Palais pour accueillir 1 240 personnes au cours d’un millième déjeuner, marqué par l’intervention du footballeur français Michel Platini. "Nous avons dû changer trois fois de lieux… Nous avions sous-estimé l’engouement pour ce déjeuner, en tablant sur 400 participants". Durant cet événement, l’espace de quelques secondes, Olivier Talbert a baissé la garde et sous la casquette du chef d’entreprise, est apparu un homme très ému par les applaudissements de la salle, dans laquelle se trouvaient plusieurs membres de sa famille.

Le quinquagénaire est toutefois loin d’être grisé par le succès. D’ailleurs, il laisse toujours transparaître une certaine gêne quand il avoue n’avoir comme formation "qu’un CAP de cuisine". Après avoir accueilli plusieurs grands noms, il reste conscient que "l’important, c’est de garder les pieds sur terre dans un monde de paillettes". Cela se concrétise par un plan de développement bien rodé. Olivier Talbert vise désormais 80 business clubs en France et 596 clubs Business time. Lancé en 2022, ce dernier concept, qualifié "d’exportable" par le dirigeant, est dédié aux TPE et PME, sous la forme d’un afterwork, avec l’intervention d’un expert. Le dirigeant compte aussi développer Business Event, qui propose aux entreprises de gérer leurs événements de A à Z. L’année prochaine, il va également lancer la première compétition nationale de golf entre les business club. Enfin, il vient d’investir 2,5 millions d’euros, dans un nouveau siège valenciennois de 900 m², pour une installation en juin 2024.

Le goût du défi

Lors de ce millième déjeuner anniversaire, Olivier Talbert s’est chargé d’interviewer Michel Platini, sur scène. Un exercice pas si simple pour ce passionné de sport, "mais pas de foot, avoue-t-il. En l’espace d’un mois, j’ai dû modifier mon Powerpoint une trentaine de fois". Avec ou sans Platini, ces événements représentent à chaque fois une bonne dose d’adrénaline, mais l’homme a le goût du challenge et ne s’en cache pas. "La chance, ça se provoque. La vie peut basculer sur une simple envie, une volonté, lance-t-il, un brin provocateur. Je pense qu’Emmanuel Macron interviendra un jour chez nous. Mon objectif à court terme, c’est d’accueillir Nicolas Sarkozy".

Pour assurer la pérennité de son concept, Olivier Talbert opte pour une remise en question permanente : "Je me demande sans cesse en quoi je suis différent de la concurrence ? Si je fais mieux aujourd’hui qu’il y a un an ?" Une habitude qui lui permet de rester serein : "Notre concept est souvent copié, un peu comme les Merveilleux de Fred (une pâtisserie lilloise devenue un succès national, NDLR), mais ça ne prend jamais aussi bien". Rejoint depuis peu dans l’aventure par son fils Arthur, âgé de 19 ans, sous la forme d’un stage, on sent bien qu’il aimerait que l'entreprise prenne un jour un tournant familial, même si ce n’est pas à l’ordre du jour. En attendant, il reste concentré sur ses prochains objectifs et conclut dans un sourire : "Quand j’annonce quelque chose, je le fais".

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