Nord
Du drapeau à la signalétique, Doublet pavoise le monde depuis les Hauts-de-France
Nord # Industrie # PME

Du drapeau à la signalétique, Doublet pavoise le monde depuis les Hauts-de-France

S'abonner

Doublet, une entreprise de pavoisement et signalétique née en 1832 dans le Nord, a su grandir hors les frontières. Elle vient de racheter Cidi Groupe, son confrère parisien, et compte en parallèle poursuivre sur la voie de l’innovation et de l’internationalisation.

L’entreprise Doublet a fabriqué quelque 10 000 drapeaux pour les JO de Paris 2024, grâce à l’appel d’offres remporté dans le cadre d’une joint-venture avec l’anglais Wasserman — Photo : Julie Dumez

Tout un chacun a sans doute un jour dans sa vie vu un produit Doublet. Le look et la signalétique des Jeux Olympiques de Paris 2024, c’est eux, au travers de leur joint-venture avec Wasserman. Le Tour de France ? Eux aussi. Des grandes marques comme Decathlon, Auchan, Mercedes jusqu’aux collectivités comme la Métropole Européenne de Lille en passant par les associations, Doublet répond à un large panel de clients B to B. Proposant des supports de communication sur-mesure, l’entreprise familiale a su au fil des décennies s’adapter, tout en maintenant son outil industriel dans le Nord de la France.

Doublet réalisant la signalétique du Tour de France — Photo : Doublet

À une quinzaine de kilomètres de Lille, depuis son siège d’Avelin, reconnaissable par son architecture pyramidale, elle dispose d’un atelier de confection textile mais aussi de production de matériel tubulaire, comme pour la fabrication des mâts pour drapeaux et autres barrières Vauban. Avec un chiffre d’affaires de 50 millions d’euros, pour 250 collaborateurs, la PME poursuit son développement entre innovation et international.

Une croissance externe pour devenir “incontournable”

En début d’année, Doublet a acquis son confrère Cidi Groupe, basé à Courcouronnes, qui compte une soixantaine de salariés. L’opération, réalisée en toute discrétion, permet à la PME nordiste de doubler de taille sur le marché français et de s’implanter en région parisienne. “Mon objectif est de continuer à structurer le groupe autour de ses activités historiques pour qu’il devienne un acteur incontournable”, trace Gaëlle Colaert-Doublet. La présidente du directoire et directrice générale ne s’interdit donc pas de nouvelles croissances externes en Europe, pour faire grandir l’entreprise au capital toujours familial.

La création textile et tubulaire, deux piliers qui perdurent

Représentante de la quatrième génération, Gaëlle Colaert-Doublet pilote aujourd’hui la société qui fût à l’origine dédiée à l’ornement religieux. De cette activité reprise en 1932 par son arrière-grand-père Maurice Doublet, il fait évoluer le métier vers la fabrication de drapeaux. Son fils Bernard passé par les Beaux-Arts, à son tour repreneur, est un jour amené à réaliser un autel d’église en métal. De cette commande et de son savoir-faire, découlera la création de Festitube en 1948. Les deux piliers qui portent encore aujourd’hui Doublet, la création textile et tubulaire, sont nés.

La PME nordiste Doublet possède un siège caractéristique à Avelin, dans le Nord, en forme de pyramide — Photo : Doublet

Les années soixante-dix marquent un tournant majeur. Luc et son épouse Brigitte Doublet rachètent eux aussi l’entreprise à leurs parents. Elle a entre-temps quitté le Vieux-Lille pour s’établir à une quinzaine de kilomètres de là, à Avelin. Ils impulsent alors une nouvelle dynamique. D’abord en cassant la saisonnalité liée aux marchés des collectivités qui représentent l’essentiel de l’activité, et se tournent vers le monde du privé. “Cela a vraiment boosté le business. Nous avons élargi la gamme de produits et nous avons commencé à faire du sur-mesure et de la personnalisation. Du monde du drapeau textile, on est vraiment passé au support de communication”, raconte Gaëlle Colaert-Doublet. Passionné d’innovation, Luc Doublet travaille sur l’optimisation des procédés de fabrication en introduisant la découpe laser du tissu. Il crée même son propre ERP, une base logicielle d’ailleurs toujours utilisée, ou dépose encore les brevets de la barrière en acier Sécuristar.

Cap sur l’international

“Surtout, il a beaucoup travaillé pour internationaliser l’entreprise”, note la dirigeante. En 1984, il plante un drapeau outre-Atlantique avec le rachat de Paramount Flag à San Francisco, alors sixième fabricant de drapeaux aux États-Unis. L’aventure tourne court en 1989 à la suite d’un puissant séisme qui met l’outil de production à terre. Elle reprendra en 2001 avec le rachat d’EPS-Doublet à Denver, filiale aujourd’hui dirigée par Jean-Bernard Doublet, fils de Luc. L’entreprise s’étend pour atteindre jusqu’à six filiales. Restent aujourd’hui l’Espagne, ouverte en 1990, le Portugal en 2000 et l’Allemagne en 2008.

En 1990, Doublet ouvre une filiale en Espagne avec, pour l’occasion, les trois générations familiales réunies — Photo : Doublet

Quatre grands marchés

Entrée dans l’entreprise en 2002 en qualité de responsable marketing et communication, Gaëlle Colaert-Doublet en prend la direction en 2014 après avoir racheté en 2009 le groupe Doublet avec sa sœur Agathe, chargée du développement commercial à l'international et présidente de Doublet-Wasserman, et son frère Jean-Bernard. Ils adressent désormais quatre grands marchés, de l’entreprise au secteur public en passant par l’événementiel sportif-culturel et le retail. Surtout, outre la fabrication et fourniture de solutions de visibilité, Doublet s’est déployé à force de services complémentaires adossés à ses savoir-faire historiques. De l’aide à la création graphique, à la personnalisation au repérage et au montage sur site, “on co-construit et on accompagne nos clients”, assure la dirigeante. Une offre née du tragique attentat des JO d’Atlanta, où Doublet, victorieuse du marché de pavoisement, doit alors mettre en berne les drapeaux en un temps record.

L’innovation comme fil rouge

Désormais, l’innovation passera par “l’intelligence artificielle qui va nous permettre d’optimiser les process, de libérer le potentiel des collaborateurs et de mieux gérer notre relation client”. Elle passera de surcroît par “des innovations produits, de rupture et d’usages. Surtout, le grand défi auquel nous sommes très attachés, c’est la RSE”, pense la dirigeante. Dans le sourcing des matériaux, dans la conception et dans la gestion des déchets de l’entreprise comme de ceux de ses clients. Pour, à l’avenir, instiller une dose d’économie circulaire dans un monde de l’événementiel qui en manque encore.

Nord # Industrie # Information-communication # Activités culturelles et événementiel # PME # International