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Dans la Meuse, l’usine Daimler Buses engage sa mue vers le tout-électrique
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Dans la Meuse, l’usine Daimler Buses engage sa mue vers le tout-électrique

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L’usine Daimler Buses de Ligny-en-Barrois, dans la Meuse, vient de bénéficier d’un investissement de 50 millions d’euros, visant à augmenter sa capacité de production de 50 % et atteindre les 3 000 bus produits par an. Pour réussir ce défi industriel, le recrutement sera la clé : 400 emplois seront encore créés.

Le nouvel atelier dédié aux finitions permet de traquer le moindre défaut sur les Citaro — Photo : Jean-François Michel

Le cap a été fixé par Till Oberwörder, dirigeant de Daimler Buses : "Nous allons augmenter considérablement notre capacité de production à Ligny-en-Barrois, soit environ 50 % de plus par rapport à aujourd’hui". En 2025, l’usine Daimler Buses de Ligny-en-Barrois, dans la Meuse, a produit 1 850 bus, dont 150 électriques. L’objectif est désormais clairement affiché : viser une production de 3 000 véhicules par an d’ici 2030, tout en opérant une bascule technologique intégrale vers l’électrique. "Notre véhicule diesel et notre véhicule électrique se fabriquent sur la même ligne de production, précise Philippe Bender, directeur de l’usine Daimler Buses de Ligny-en-Barrois. "Mais d’ici à 2030, nous serons sur du 100 % électrique."

Des ventes mondiales en hausse de 8 % sur le premier semestre

Le directeur du site Daimler Buses de Ligny-en-Barrois, Philippe Bender, a présenté son usine au ministre de l’Industrie, Sébastien Martin (à droite) — Photo : Jean-François Michel

Au sein du constructeur Daimler Truck, qui a vendu plus de 422 000 camions et bus dans le monde et généré un chiffre d’affaires de 45,9 milliards d’euros en 2025, Daimler Buses a le vent en poupe. Dans un environnement de marché qualifié de "difficile" par le groupe allemand, la filiale opérant dans la production de bus urbains et interurbains a bouclé l’exercice 2025 sur un chiffre d’affaires de 5,2 milliards d’euros, se payant le luxe dégager 14 % de rentabilité.

Des besoins en bus électriques pour les transports publics

Et les six premiers mois de l’exercice 2026 sont à l’avenant : les ventes de bus ont augmenté d’environ 8 %, passant de 12 270 à 13 233 unités. Dans le même temps, les bénéfices ont grimpé de 175 millions d’euros à 273 millions d’euros. "La demande de bus électriques dans les transports publics continue de croître à un rythme très soutenu", constate avec satisfaction Till Oberwörder, en insistant sur la nécessité de suivre la demande.

Le ministre de l’Industrie évoque de "nouveaux certificats d’économie d’énergie"

Le défi industriel fixé par le dirigeant allemand est rendu possible par un nouveau bâtiment de 16 000 m2 venu s’ajouter au 42 000 m2 de l’usine Daimler Buses de Ligny-en-Barrois, dans la Meuse. Pour un total de 50 millions d’euros investis, cette extension annoncée en mars 2023 abrite des ateliers dédiés à la finition et à la peinture des bus produits dans l’usine meusienne. Intégrée dans une enveloppe globale de 92 millions d’euros annoncée par le groupe pour la France lors du sommet Choose France de 2023, cette infrastructure doit permettre au site meusien d’absorber la hausse programmée de l’activité.

Venu sur place pour mesurer les efforts consentis par l’industriel allemand, le ministre de l’Industrie, Sébastien Martin, a salué un investissement qui fait de la petite commune meusienne un "site de référence pour les bus électriques". Conscient de la nécessité de soutenir l’investissement des collectivités françaises clientes de Daimler Buses, le ministre a évoqué, dans le cadre du plan d’électrification annoncé par le premier Ministre Sébastien Lecornu, de "nouveaux certificats d’économie d’énergie, qui vont permettre de financer l’achat de ce type de bus à motorisation électrique, avec des aides pouvant aller jusqu’à 15 000 euros".

Si le constructeur allemand reste discret sur le prix de son bus électrique, le eCitaro, les données de marché montrent que le tarif peut grimper jusqu’à 800 000 euros pièce, soit deux fois le prix d’un bus motorisé au diesel.

Une flexibilité industrielle unique

La version électrique du Citaro de Daimler Buses peut intégrer jusqu’à sept packs de batteries — Photo : Jean-François Michel

Pour réussir cette montée en puissance, le constructeur s’appuie d’abord sur la modularité de son outil de production. Sur la même ligne, l’usine assemble actuellement l’autobus urbain Citaro, dans ses versions thermiques, hybrides et électriques.

1400 salariés

D’ici à 2028, le groupe devrait délocaliser le "gros œuvre" de l’activité bus, soit la fabrication des caisses des véhicules, des sites allemands de Mannheim et Neu-Ulm vers Holysov en République tchèque. Cette organisation doit permettre de s’adapter en temps réel aux fluctuations de la demande européenne, fortement aiguillonnée par l’avènement de la future norme antipollution Euro 7.

Le groupe Daimler Truck a par ailleurs annoncé qu’il livrerait des motorisations électriques sans passer par la case Euro 7, norme qui entrera en vigueur dès 2028 pour les bus. Au sein de l’usine jumelle de Daimler Buses, installée à Mannheim, la conversion à l’électrique est déjà une réalité : "98 % des bus produits sont électriques", révèle Till Oberwörder.

Rythme continu d’une centaine d’embauches par an

Le dirigeant de Daimler Buses sait que la clé de cette conversion passe par la ressource humaine. Au sein de l’usine de Ligny-en-Barrois, 1 400 salariés sont déjà employés, intérimaires compris, et Till Oberwörder a fixé la cible à 1 800 salariés. Soit 400 recrutements supplémentaires à venir.

"Nos lignes d’assemblage ne sont pas comparables avec une chaîne de l’industrie automobile. Ici, nos opérateurs sont multitâches, capables de s’adapter à toutes les demandes de personnalisation des véhicules. Il faut donc les former et c’est beaucoup plus long", détaille Philippe Bender.

En 2030, l’usine de Ligny-en-Barrois devra être capable de produire 3 000 bus électriques — Photo : Jean-François Michel

Pour orchestrer finement la hausse des cadences, le directeur de l’usine prévoit un rythme continu d’une centaine d’embauches par an. Dans une commune de 3 600 habitants, située à une heure de Nancy, Philippe Bender reconnaît que le recrutement, n’est "pas évident". L’usine cible en priorité des profils d’électriciens et d’électrotechniciens, considérés sur le marché comme une "denrée rare".

La relocalisation stratégique du eIntouro

L’augmentation des volumes de l’usine meusienne de Daimler Buses sera aussi portée par un choix de relocalisation fort : le rapatriement de l’autocar interurbain Intouro. Jusqu’alors assemblé dans sa version thermique à Hosdere, en Turquie, ce véhicule intègre le catalogue de l’usine meusienne dans sa nouvelle déclinaison à batteries, le eIntouro. Les perspectives de montée en charge sont rapides : "Cette année nous allons en produire entre 20 et 30. L’année prochaine, nous espérons en fabriquer 300", dévoile Philippe Bender.

Une charge de travail qui vient s’ajouter à la cadence soutenue pour le eCitaro, portée notamment par le gain récent de quatre grands appels d’offres en France, pour les villes de Paris (via Île-de-France Mobilités), Marseille (RTM), Rennes et Bayonne.

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