Crise : Le message des banques aux entreprises normandes
# Conjoncture

Crise : Le message des banques aux entreprises normandes

Les banques veulent rassurer sur leur capacité à financer l'économie réelle malgré la crise financière. Mais les entreprises adhèrent-elles toujours à ce discours?

Comme en 2008, les turbulences financières internationales troublent l'image des banques auprès de leurs clients et notamment des entreprises. Un constat amer pour les acteurs du secteur bancaire en région qui s'acharnent à faire passer un message plutôt rassurant que résume ainsi Madjid Agag (BNP Paribas), le président du Comité régional des banques: «nous continuons à jouer notre rôle de rouage de l'économie»! Autrement dit, il est temps «de lever le malentendu selon lequel les banques ne prêtent pas», renchéri Jérôme Rousseau, le directeur régional d'Oséo.




Passer la vague

Dans cette véritable «opération séduction» lancée depuis la rentrée par le secteur bancaire, l'idée est de «minimiser l'impact des perturbations internationales» sur le climat l'économie régionale qui fait craindre «aux plus petits de ne pas passer la vague!», reconnaît le directeur de la succursale normande de la Banque de France (BdF), Christian-Jacques Berret. Des craintes que confirme le vice-président de la Chambre de Métiers et de l'Artisanat (CMA) de Seine-Maritime Christophe Doré: «l'artisanat a surfé sur la crise depuis 2008 mais la situation devient difficile pour beaucoup de petites entreprises car les marchés se tendent. Globalement, la trésorerie s'est tassée chez les artisans». Une situation de crise latente qui ne serait pas sans conséquence sur les relations qu'ont les entreprises avec leurs principaux partenaires financiers, les banques. Lignes de crédits stoppées, robinets qui se ferment, demandent de cautions personnelles, c'est aujourd'hui le discours de plusieurs d'entre elles. La situation est suffisamment préoccupante pour que le président de la CCIT de Rouen Christian Hérail ait adressé un courrier aux établissements prêteurs régionaux: «nous les avons invités à participer à une réunion le 24novembre prochain pour faire le point avec les élus et les entreprises». Une rencontre qu'il espère «constructive». L'heure n'est pas au bras de fer, confirme Pierre Bellanger, le vice-président de la CCIT en charge du Commerce. «Nous sommes là pour relayer le discours de banques auprès des entreprises». Des entreprises frileuses qui privilégient les besoins de trésorerie sur les projets d'investissement, alors même que les banques seraient prêtes à les financer: «celles qui avaient l'habitude de constituer des pools bancaires se disputent aujourd'hui entre elles les meilleurs dossiers!», avance même l'élu consulaire.



Guillaume Ducable

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