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Criées : Place à la modernisation
Brest # Industrie

Criées : Place à la modernisation

Pêche En mutation, pour ne pas dire en crise, le secteur de la pêche a besoin d'être repensé. À commencer par les criées. Les CCI du Finistère ont ou vont y investir. Objectif: moderniser et mettre aux normes des équipements indispensables.

C'est là que se joue le chiffre d'affaires des quelque 2.660 pêcheurs finistériens. En 2011, plutôt une bonne année, 58.500 tonnes de poissons pour une valeur d'environ 175M€ sont passées par les huit criées du département*. Le secteur représente environ 11.500 emplois, car à un emploi embarqué correspond quatre emplois à terre. D'où des investissements massifs dans les criées, de la part des chambres de commerce et d'industries, dont elles dépendent.




2,7M€ pour Douarnenez

Dernier exemple en date à Douarnenez ou la CCI de Quimper Cornouaille a présenté un projet de 2,7M€ pour moderniser et mettre aux normes la criée. Les travaux prévoient la démolition d'un hall insalubre, la création d'un hall de travail réfrigéré, de quais d'expéditions,etc. Autre mise en place, liée à l'activité des mareyeurs: celle d'une alimentation en eau de mer propre (358.000euros) pour le nettoyage. «Le port de Douarnenez est devenu un lieu incontournable pour le poisson bleu (sardine, anchois) avec 6.000 tonnes de poisson vendues en criée et 13.000 tonnes commercialisées hors criée chaque année», explique Jean-François Garrec, le président de la CCI. Il espère que les travaux débuteront en février prochain pour une livraison avant fin 2013. En 2012, la CCI de Quimper a aussi investi 1,5M€ dans une machine à glace pour le port de Concarneau.




80% des ventes par internet à Brest

Mais le Sud Finistère n'est pas le seul à investir dans ses criées. Au contraire. Celle de Brest a informatisé ses ventes fin 2009. «Jusqu'au 15décembre 2009, nous faisions encore de la vente sur place, à la voix», se souvient Ronan Floch, le directeur de la criée. La CCI a investi 220.000€ dont une partie grâce à des subventions (20% du Fonds Européen pour la pêche). La criée commercialise des poissons et crustacés du port de Brest, bien sûr, mais aussi de ceux du Conquet, de l'Aber Ildut, de l'Aber Wrac'h,etc. «Auparavant, les acheteurs devaient venir sur place. Parfois, ils étaient très peu à se déplacer car ils n'y ont pas forcément d'ateliers sur place. Aujourd'hui, 80% des ventes se font par internet», indique le directeur. Un confort pour les "crieurs" qui ne hurlent plus mais contrôlent les ventes sur un écran (photo) et pour les acheteurs qui peuvent désormais se fournir depuis leur domicile ou lieu de travail. Les ventes ont lieu tous les jours de 14h30 à 15h avec des enchères descendantes et un plancher. «Cela va très vite. Nous avons en moyenne 45 acheteurs, 70 bateaux réguliers et assez peu d'invendus, environ 1%, se félicite Ronan Floch. À fin 2012, le bilan est très positif. Nous avons des acheteurs de Brest, mais aussi de laRochelle, Royan. Ils sont livrés dans la nuit.» À Brest, reste un problème de taille: la criée est calibrée pour traiter 1.000 tonnes de poissons par an. En 2011, la criée a fait 1.878 tonnes. «À un moment, il faudra pousser les murs!», plaisante, à peine, Ronan Floch.


* Roscoff, Brest, Douarnenez, Audierne, LeGuilvinec, Saint-Guénolé, Loctudy et Concarneau.

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