Créé en 2008, Aladom.fr est un portail de référencement de prestataires - entreprises et particuliers - et de mise en relation dans le domaine des services à la personne. La société bretonne a réalisé en 2011 un chiffre d'affaires de 350.000€ et est parvenue à l'équilibre avec 700.000 visiteurs mensuels et un millier de mises en relation quotidiennes. Guillaume Thomas, son fondateur, mise dorénavant sur l'internationalisation avec l'ouverture d'un portail pour l'Allemagne déjà en ligne. «Notre objectif à12 mois est de nous ouvrir à douze pays. Nous travaillons déjà sur la Belgique et l'Espagne», explique le trentenaire.
Des levées de fonds sans commune mesure
Au coeur de sa stratégie: l'ouverture d'une filiale aux États-Unis. Un portail a été créé mais le fondateur a décidé de s'expatrier au moins un an outre-Atlantique avec son épouse et leurs cinq enfants. «L'Allemagne est gérée depuis Rennes mais pour les États-Unis, il me semble important d'aller sur place, ne serait-ce que pour rassurer les gens là-bas, au moins dans la phase de démarrage. Mais je vais mettre le moins possible en avant que nous sommes français.» Le succès de The Artist et de Jean Dujardin aux Oscars ne saurait faire oublier une certaine méfiance des Américains à l'égard de ces "damned Frenchies". Le succès hollywoodien a suscité des réactions très vives sur le blog de certains chroniqueurs fameux aux États-Unis. Profil bas sur le côté français mais des perspectives alléchantes pour Guillaume Thomas qui envisage déjà de se développer à partir des États-Unis au Canada et au Mexique. Et des espoirs de financement sans commune mesure avec la France. «Le secteur des services aux particuliers a connu un boom en France, en 2006, avec la loi Borloo. Même des banques se sont engouffré sur ce créneau mais cela a conduit a des fiascos et il est très difficile de lever des fonds auprès des investisseurs institutionnels au-delà de 100.000 €», regrette le dirigeant. Outre-Atlantique, un de ses concurrents déjà implanté, Task Rabbit, a réussi à lever... 25M$! «C'est un autre monde. Cela ouvre d'autres horizons», s'enthousiasme Guillaume Thomas qui garde toutefois la tête sur les épaules.
«Faire la preuve que notre modèle est transposable»
«Obtenir des financements n'est pas aussi facile qu'on le croit. Beaucoup d'entreprises qui y parviennent sont portées par des anciens de géants comme Google ou Facebook. Nous, il faudra faire la preuve que notre modèle économique est transposable aux États-Unis. C'est une des raisons qui me poussent à aller sur place.» Sur le plan formel, la création d'une société ne prend «que quelques heures.» «Mais ce qui est plus compliqué, c'est d'envisager les conséquences du choix de l'État d'implantation», précise Guillaume Thomas. Pour des raisons familiales, il a choisi la Floride plutôt que New York. La Floride qui présente d'autres avantages directement liés à l'activité: une population de 17millions d'habitants avec une forte proportion de seniors. L'autre difficulté, ce sont les conditions d'entrée sur le territoire. Un visa "investisseur" suppose un apport de 100.000 à 200.000$. Guillaume Thomas a opté pour un visa de type salarié expatrié. «Mais il faudra le renouveler tous les ans si nous restons plus longtemps.»
Créer son entreprise en France n'est déjà pas une mince affaire. Alors à l'étranger, est-ce facile? Réponse avec le fondateur du portail Aladom.fr, qui compte prendre le chemin des États-Unis à l'été prochain pour ouvrir de nouveaux horizons à sa société.