C'est une particularité qu'il partage avec son homologue havrais Édouard Philippe. L'actuel président de la Communauté d'agglomération Rouen Elbeuf Austreberthe (CREA) Frédéric Sanchez termine un mandat inauguré par un autre. Dans la ville de l'estuaire, le maire UMP de la ville centre et président de l'agglomération (Codah) Antoine Rufenacht avait quitté ses mandats électifs en 2010 au bénéfice de son dauphin, pour lui laisser le temps de préparer l'échéance électorale qui se profile.Côté CREA, l'appel à de plus hautes fonctions nationales a poussé Laurent Fabius à quitter une collectivité qu'il avait porté sur les fonts baptismaux il y a près de quatre ans. Et si le ministre des Affaires étrangères garde toujours un oeil sur son fief, assurent ses proches, c'est bien son successeur qui s'est officiellement porté candidat à la présidence de la collectivité pour le scrutin qui suivra de près les élections municipales de mars prochain.Parti pour une réélection confortable à Petit-Quevilly dont il est maire depuis 2001, Frédéric Sanchez sait que ses principaux dossiers se trouvent sur son bureau de président de la CREA. Des dossiers engagés pour l'essentiel lors du mandat qui se termine et qui vont définir pour les décennies à venir les contours de l'agglomération rouennaise.
De la CREA à la métropole...
Le plus emblématique de tous est la création même de ce nouvel ensemble, la CREA, voulu par Laurent Fabius qui ambitionnait alors de dépasser le seuil de 500.000 habitants pour prétendre au statut de communauté urbaine. Le 7 janvier 2010, il était élu à la présidence de ce regroupement de 71 communes, dont près de 50 % comptant moins de 4.500 âmes. En 2015, si le calendrier gouvernemental est respecté, c'est une Métropole que dirigera Frédéric Sanchez s'il est reconduit dans ses fonctions au printemps prochain.L'enjeu ? Des compétences accrues au détriment des communes qui la composent ainsi que des autres collectivités qui l'entourent (le département, notamment), ainsi qu'une dotation supplémentaire de l'État de l'ordre de 50 millions d'euros sur la durée du mandat. Sans oublier la possibilité de s'impliquer dans la future négociation du contrat pluriannuel État/Région.
Kindarena, ecoquartier et nouvelle gare
À l'heure du bilan de la dernière mandature, le président de la CREA peut mettre en avant la réalisation du nouveau palais des sports, le Kindarena en référence à l'un des produits phares de son principal sponsor, le groupe Ferrero. À peine échaudé par l'épisode Lubrizol en début d'année, le projet d'Eco-quartier Flaubert qui doit s'étendre du pied Sud du sixième franchissement de la Seine jusqu'en bordure de la zone industrielle portuaire, est plus que jamais d'actualité. La CREA en a fait l'un de ses chevaux de bataille, prévoyant même d'implanter à deux pas de là sur les quais de la rive gauche son futur siège.
Un nouveau siège pour 30 M€
Un bâtiment futuriste imaginé par l'architecte Jacques Ferrier, dont le coût avoisinerait les 30 millions d'euros. Dépense somptuaire en période de disette financière ? Frédéric Sanchez s'en défend, arguant au contraire d'une économie pour la collectivité qui va du même coup libérer trois de ses quatre sites rouennais. Inauguration réalisée, celle-là : le site réhabilité de l'ancienne caserne Tallendier à Petit-Quevilly. Il accueille depuis début novembre une pépinière d'entreprises ainsi que les fleurons de l'économie numérique rouennaise emmenés par l'association Normandy Web Xpert. L'enjeu consistera à faire vivre l'ensemble, encore largement sous-utilisé.
En succédant à Laurent Fabius parti au Quai d'Orsay en juin 2012, le maire de Petit-Quevilly Frédéric Sanchez a pris les rênes d'une collectivité, la CREA, qui ambitionne aujourd'hui d'accéder au statut de Métropole.