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Cornouaille : Foncier économique : forces et faiblesses
Quimper # Attractivité

Cornouaille : Foncier économique : forces et faiblesses

Quimper Cornouaille Développement vient de sortir un atlas des zones économiques du territoire. Un outil pour mieux attirer les entreprises. Le travail statistique permet aussi de voir les forces et les faiblesses des territoires, du très haut débit au foncier disponible.

« Il y a encore quelques années, il y avait une concurrence entre les collectivités pour attirer les entreprises. Aujourd'hui, on sait qu'il faut travailler ensemble en Cornouaille », explique Ludovic Jolivet, président de Quimper Communauté et de Quimper Cornouaille Développement (QCD), l'agence d'aménagement et de développement économique pour la Cornouaille. Alors que l'investissement des entreprises reprend, notamment dans l'industrie (lire page 9), la question du foncier disponible devient cruciale. Surtout quand le Sud-Finistère traîne la réputation, pas totalement infondée, d'être moins « une force économique » que le Nord. L'éternel débat entre Quimper, capitale administrative et Brest, capitale économique du Finistère. En 2014 (derniers chiffres disponibles), le pays de Brest comptait 163 espaces économiques pour 3 760 hectares occupés. En Cornouaille, en 2016, il existait 162 ZAE représentant 2 576 hectares.

Des ZAE saturés sur certains territoires

Mais la Cornouaille se soigne. Dès 2013, QCD, avec l'appui de la CCI, avait fait un premier état des lieux des zones d'activités économiques (ZAE) disponibles avec un premier atlas. Aujourd'hui, cet atlas a été mis à jour et un site internet spécifique a été créé (lire ci-dessous). Le nouvel outil permet de dépasser la simple observation. « Nous avons recueilli les données communauté de communes par communauté de communes, explique le cartographe de QCD, Grégoire Marpillat. Ce qui a permis de faire ressortir avec des chiffres précis des ressentis ». Comme, par exemple, le manque de foncier disponible à Douarnenez. Avec 84 % de surfaces occupés sur 90 hectares de ZAE et seulement 1 % viabilisées et donc disponibles à la cession, le territoire de Douarnenez Communauté est saturé. Difficile dans ce cas, d'attirer de nouvelles entreprises ou même de satisfaire les besoins d'extension potentiels de celles déjà présentes. « D'où l'idée de travailler ensemble, insiste Ludovic Jolivet. Il n'y a pratiquement plus de place autour de Douarnenez mais il y en a chez ses voisines. Une concertation peut permettre de développer nos territoires et accueillir une entreprise à quelques kilomètres permet aussi de créer de l'emploi et de l'activité chez les autres ».

Être économe en foncier, réhabiliter les friches

Autres données examinées par QCD et la CCI : les surfaces consommées depuis 2000. Un éclairage qui permet de comprendre comment Douarnenez est arrivé à saturation. Avec une consommation de 8,8 hectares entre 2008 et 2011, contre 0,4 à 1 hectare sur les autres périodes de trois ans, le territoire a très vite consommé le bien rare qu'est le foncier. « C'est une donnée à laquelle on fait très attention aujourd'hui. On sait que le foncier se raréfie et qu'il faut aussi faire attention à ne pas trop grignoter les terres agricoles. Il faut trouver un équilibre et cela passe par une consommation contrôlée et de la prudence », indique le président de QCD. Depuis 2000, 353 hectares ont été consommés. Mais la tendance est au ralentissement, après une forte accélération sur la période 2004-2007 : 118 hectares, contre 55 entre 2000 et 2003. « Depuis, le chiffre diminue, détaille Grégoire Marpillat. On était à 104,7 entre 2008 et 2011 ; 74,8 hectares sur 2012-2015 ». Une solution consiste bien entendu à d'abord réhabiliter les friches industrielles.

« C'est un sujet complexe et c'est coûteux ». C'est, par exemple, ce qui a été fait dans la zone du Moros à Concarneau. La rénovation du port, entamée en 2016 par la CCI représente déjà un investissement de 14,3 millions d'euros. Reste que, même quand de la surface est disponible, les zones n'intéressent pas forcément les entreprises. « Il faut savoir s'adapter aux demandes, » note Michel Bolloré, responsable marketing territorial et aménagement du territoire de QCD. La première demande des investisseurs : la facilité d'accès. Les zones proches de la RN 165, qui relie Nantes à Brest, sont les plus demandées. En 2016, le constructeur de cuisine Quimpérois Capic a par exemple investi 11 millions d'euros dans la zone du Guelen en bordure de quatre-voies, abandonnant son usine de la zone de l'hippodrome, trop vétuste et mal située.

Le manque de très haut débit

Sur le territoire de la Cornouaille, un effort a été fait sur l'accès en transport en commun. 98 ZAE sont desservies recouvrant un territoire de 80 %. Pour le très haut débit par contre, seules 33 zones sont équipées, pour moins de la moitié de la surface (44,9 %). Ces derniers chiffres cachent des situations très disparates selon les territoires. Quant à Quimper Communauté, 100 % des ZAE offrent le très haut débit, il n'y en a aucune à Quimperlé, Concarneau, Douarnenez, Châteaulin, Cap Sizun, ni dans le Pays Glazik. Une inégalité du territoire parmi d'autres. « La spécialisation trop forte de certaines zones est parfois un problème également, ajoute Michel Bolloré. Il y a une identification de la zone trop forte qui freine certains investisseurs. Surtout que les secteurs évoluent beaucoup ». « Il n'y a pas un seul modèle pour attirer les entreprises », souligne Michel Bolloré. La Cornouaille se met donc en ordre de marche pour tenter de rattraper la zone économique brestoise.

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