«On est encore loin du compte ». D'emblée, Bernard Kleynhoff donne le ton. Si le chiffre d'affaires des entreprises des Alpes-Maritimes a bien progressé de 1% en 2015, hors de question de crier victoire pour le président de la CCI Nice Côte d'Azur. Toutefois, l'hémorragie semble stoppée. « Notre économie entre dans une phase de consolidation ». Et les signaux, au vert, laissent enfin augurer les prémices d'une reprise.
Des planètes alignées
Tout d'abord, le contexte économique globale, particulièrement favorable avec une parité euro/dollar confirmée, un pétrole au plus bas (-46% en 2015), des taux toujours aussi séduisants et une inflation quasi nulle. « Cet alignement des planètes a contribué à la croissance mondiale (+3%) en 2015, rééquilibrée sur les pays développés avec les Etats-Unis comme locomotive (+2,5%) », détaille Christophe Bossom, directeur général de la BPCA. L'Europe, elle, affiche 1,5% de croissance quand la France, encore en retrait, retrouve toutefois quelques couleurs (1,1% contre 0,2% en 2014). Et les prévisions 2016 s'annoncent encourageantes. « Tout indique que les taux resteront bas. C'est donc le moment idéal pour investir, d'autant que les trésoreries se reconstituent ».
Reprise de l'emploi non salarié
Concernant l'emploi, le constat est plus mitigé. Si le nombre d'emplois dans les Alpes-Maritimes a progressé de 1%, notamment dans les secteurs des services (+1,7%) et du commerce (+1,3%), le nombre de chômeurs a, lui, grimpé de 4,2%. Pourtant, « on observe une amélioration de certains ratios », dévoile Laurence Chaleil. Parmi eux, l'amélioration de la situation des moins de 25 ans, le bond de 17% du recours à l'intérim ou encore la reprise de l'emploi non salarié. Et la vice-présidente de l'UPE06 de s'interroger : « Les pays qui sont sortis de la crise sont ceux où l'emploi non salarié a explosé. N'y aurait-il pas une réflexion à mener ? Notamment dans le numérique, secteur propice à la création d'emplois, où la France est bien placée. »
Les secteurs porteurs
Les Alpes-Maritimes aussi. Le pôle TIC repasse à nouveau la barre des 4 Mds€ de chiffre d'affaires, porté par une activité à l'international en hausse de 4%. « La dynamique French Tech et les 200 M€ levés en 2015 par les start-up azuréennes laissent espérer une vraie redynamisation de ce secteur », avance Jean-François Agostini. Les sciences du vivant, elles, poursuivent leur croissance, constante, avec un chiffre d'affaires de 2,8 Mds€, en progression de 4 points. Globalement, l'industrie azuréenne évolue positivement, lentement (+1%) mais sûrement. La construction marque « une pause dans la crise ». Les services et le commerce se stabilisent. Quant au tourisme, il a réussi à limiter la casse post-attentats. Selon les chiffres du CRT Côte d'Azur, le taux d'occupation des hôtels a baissé de 4 points en décembre, deux fois moins qu'à Paris.
Après une annus horribilis 2014, l'économie azuréenne se stabilise, sans crier victoire, mais distillant çà et là les signes d'une reprise attendue.