En créant l’entreprise en 2009, les trois fondateurs d’Activ’Inside s’étaient promis de ne jamais construire d’usine et de ne jamais fabriquer de produits finis. Ils ont inauguré leur troisième usine fin septembre, à deux pas du siège girondin à Beychac-et-Caillau, dédiée aux produits finis. "On promet de ne plus dire "jamais'', plaisante David Gaudout, cofondateur en charge de la R & D. Elle symbolise donc un virage stratégique majeur qui coïncide avec un changement d’échelle.
Démontrer la valeur ajoutée
Activ’Inside a investi 13 millions d’euros dans ce nouveau site de 3 500 m2. Il est doté de quatre lignes de production capables de fabriquer des gélules, des sticks, des poudres et des gommes à mâcher. La PME de 75 salariés s’ouvre ainsi un nouveau marché de produits à façon, toujours en BtoB. "Soit nous proposons à nos clients des solutions existantes (une vingtaine de références) dont nous avons déjà validé la R & D et ils n’ont plus qu’à coller leur étiquette, soit nous accompagnons de plus gros acteurs dans leur développement, explique Benoit Lemaire, CEO et cofondateur. C’est une manière pour nous de démontrer notre valeur ajoutée, mettre en valeur notre R et D dans laquelle nous investissons plus de 20% de notre chiffre d'affaires par an et notre maîtrise de la réglementation (nous sommes titulaires de 18 brevets internationaux), très différente d’un pays à l’autre. Le tout Made in France."
Une ligne de production de gomme à mâcher unique
Avant de se lancer, Activ’Inside s’est frotté aux produits finis pour répondre à une commande des laboratoires Biogaran. "Nous avons sous-traité, cela s’est avéré très compliqué." La PME a placé la barre haut en s’imposant des normes au-delà de celle de l’agroalimentaire et une usine "de classe pharmaceutique". Elle est particulièrement fière de sa ligne de production de gommes à mâcher, qui en démoule 280 kg à l’heure. "C’est la plus grande en France et la seule capable de doser les principes actifs avec une telle précision", affirme Benoit Lemaire. La jeune clientèle en serait friande, et les données scientifiques leur seraient favorables en termes de biodisponibilité (absorption du principe actif) et d’observance par les consommateurs.
Ce niveau d’exigence est aussi un moyen de s’aligner sur les normes asiatiques, même si les produits finis ne sont destinés qu’à une clientèle européenne.
L’export représente aujourd’hui 70 % de l’activité, "demain ce sera 75 %" prédit le dirigeant. Les produits finis sont voués à peser "50 % du chiffre d’affaires d’ici deux à trois ans". Chiffre d’affaires qui, estime-t-elle, s’établira autour de 12 millions d’euros en 2024.
L’extraction internalisée
Le lancement de cette nouvelle usine intervient peu après celui de son site d’extraction, en juin, à Cestas, au sud de Bordeaux (2,5 M€ d’investissement). "Ils ne devaient pas être coordonnés mais le Covid est passé par là…", sourit Benoit Lemaire. Là-bas l’entreprise y a internalisé son cœur de métier, l’extraction de principes actifs, notamment raisins et safran, ses ingrédients phares. "Jusqu’à présent nous sous-traitions cette partie et effectuions les mélanges au siège."
Activ’Inside accompagne ce changement d’échelle d’une ouverture de son capital à son nouveau directeur général Vincent Bellette, qui pilote l’usine de produits finis, et à ses salariés à hauteur de "quelques pourcents". Les trois fondateurs demeurent largement majoritaires aux côtés des fonds Aquiti Gestion et Bpifrance.