«Titulaire d'un BTS Conception de produits industriels (CPI), j'ai démarré ma carrière comme projeteur dans un bureau d'études en région parisienne. Après plusieurs expériences similaires en Normandie, je suis devenu chef de projet puis ingénieur projet chez Auxitec, notamment. Il y a trois ans, j'ai rejoint les établissements Buquet à Fécamp, une PME spécialisée dans la chaudronnerie de précision, l'occasion pour moi de passer de l'autre côté du miroir, en production. C'est au cours des deux années que j'y ai passé qu'a germé l'idée de reprendre une entreprise». «J'avais conscience qu'il me manquait des compétences pour me lancer dans cette aventure alors j'ai pris contact avec le réseau Accent (Medef des Hautes Falaises) pour valider que j'étais dans le vrai! Je savais que j'avais le profil pour reprendre une affaire et j'avais déjà ciblé le secteur de la mécanique ainsi que le bassin que je connaissais le mieux. Accent m'a rapproché d'un cabinet spécialisé dont le premier dossier a retenu mon attention: il s'agissait de l'entreprise de mécanique AMCM (Cany-Barville)».
Les salariés n'étaient pas au courant
«Rapidement j'ai rencontré le fondateur et dirigeant de l'entreprise, Maurice Cauchy. Cette première rencontre a été déterminante. Il ne voulait pas d'un financier mais cherchait quelqu'un du métier qui puisse assurer la pérennité de l'entreprise. Tout naturellement, la chose s'est faîte. Malgré tout, le projet de reprise complet n'a pas pu aboutir immédiatement car le montage financier était compliqué. J'ai alors pris le risque de démissionner de mon emploi pour venir chez AMCM pendant une durée d'an en qualité de chargé d'affaires. Cette solution arrangeait le dirigeant en place car il ne souhaitait plus rester actif à 100% dans l'entreprise. Les salariés de l'entreprise, eux, n'étaient pas au courant de cet arrangement entre nous. Ils ont alors pu apprendre à me connaître durant cette période. Et en faisant ce choix, j'ai appris à connaître l'entreprise en interne et en externe». «Ainsi, lorsque j'ai repris officiellement l'entreprise le 1ernovembre dernier, les clients me connaissaient déjà, savaient que j'étais quelqu'un du métier et n'ont pas été surpris. Ce qui nous a certainement permis d'éviter une baisse d'activité liée à la transmission. Au final, tout s'est fait en douceur».
Propos recueillis par G.D.