Fondée en 2018, Baguette à Bicyclette s’est forgé une réputation grâce à son concept écoresponsable de livraison de petits-déjeuners à vélo. Mais en 2023, la start-up lyonnaise affronte une forte période de turbulences. Malgré un chiffre d’affaires de 230 000 €, l’entreprise peine à faire face à ses investissements conséquents.
"Nous avions levé 600 000 euros en juin 2022 que nous avions investi dans un nouveau laboratoire et des équipements. Mais avec le temps, nous nous sommes aperçus que le secteur du petit-déjeuner était un marché de niche", explique Caroline Faucon, fondatrice. Autre changement : la pandémie de Covid-19 combinée à l'essor du télétravail ont bouleversé durablement les habitudes en entreprise, réduisant la demande en services de catering matinaux. Cet ensemble de facteurs a conduit Baguette à Bicyclette à se demander si leur projet était viable sur le long terme.
Un modèle économique à bout de souffle
Par ailleurs, le modèle initial, qui visait particuliers, hôtels et entreprises avec une activité 7 jours sur 7, s’essoufflait. "Après quelques années, j’étais épuisée", confie Caroline Faucon. La décision d’arrêter la livraison aux particuliers et hôtels entraîne une chute brutale de 30 % du chiffre d’affaires. "Notre trésorerie diminuée et avec des emprunts et charges fixes élevés, nous avons fait le choix de nous tourner vers le tribunal de commerce et la procédure de sauvegarde en janvier 2024", déclare Caroline Faucon. Assez peu utilisée, cette procédure s'adresse aux entreprises ayant des difficultés financières, mais qui ne sont pas en cessation des paiements.
Réinventer l’offre : la clé du redressement
Pour surmonter cette période, Caroline Faucon restructure l'entreprise en profondeur, soutenue par le tribunal, son avocate et les administrateurs. "Mes priorités étaient de réduire les charges fixes, de renégocier la dette bancaire et de repenser le modèle économique", déclare Caroline Faucon. En 2024, la start-up opère un virage stratégique en diversifiant ses activités. "Nous avons lancé des offres de plateaux-repas, pauses cocktails et animations sur site, qui s'adressent exclusivement aux entreprises. Cette évolution permet d'étendre notre offre tout au long de la journée, et non plus seulement le matin", poursuit la fondatrice. La start-up mise également sur des partenariats locaux solides. "Notre collaborons avec des traiteurs, des chefs à domicile et restaurateurs de la région afin d'élaborer des prestations de qualité", précise-t-elle.
"La sauvegarde n’est pas un échec, mais un outil pour se reconstruire"
Ce repositionnement a permis à l’entreprise de sortir de cette procédure de sauvegarde en ce mois de janvier 2025 et de clôturer 2024 avec un chiffre d’affaires de 350 000 €. Pour Caroline Faucon, cette crise a été une opportunité de réinvention. "J’ai compris que la sauvegarde n’était pas un échec, mais un outil pour reconstruire", souligne-t-elle.
Une structure allégée et des perspectives ambitieuses
La restructuration s'accompagne bien souvent de décisions difficiles. "Nous avons dû procéder à un licenciement économique, réduisant notre effectif à cinq salariés", déclare Caroline Faucon. Elle poursuit : "En 2025, nous prévoyons une croissance de 30 %, avec un chiffre d'affaires prévisionnel de 455 000 €". L'entreprise, toujours implantée dans le 3e arrondissement de Lyon poursuit ses livraisons dans Lyon et le Grand Lyon. Le petit-déjeuner reste son activité phare, mais les nouvelles prestations contribuent déjà significativement à sa nouvelle dynamique.