C’est Thierry Queffélec, le préfet du Haut-Rhin en personne, qui a activé les premiers coups de pelle de la croqueuse de béton, équipée d’un bras télescopique géant, pour démolir les premiers éléments de la tour de la cité administrative de Colmar, le jeudi 22 août. Préambule à un chantier qui a duré trois semaines produisant le moins de poussières possibles, ainsi qu'un minimum de bruit et de vibrations, grâce à un engin équipé de brumisateurs.
Un chantier à plus de 31 millions d’euros
Composé de 14 étages et culminant à plus de 40 mètres d’altitude, le bâtiment, construit dans les années 1960, faisait à la fois office de "passoire énergétique", pour la plupart des 200 agents qui y travaillaient, voire de "verrue architecturale" d’après des élus locaux et une partie de la population. Sans parler des récurrentes pannes d'ascenseur qui ont terrorisé des générations de Colmariens.
Dans le cadre de l’appel à projets lancé par l’État français, émanant du grand plan d’investissement (GPI) pour la période 2018-2022, la cité administrative de Colmar figurait, comme Mulhouse, au programme des 56 bâtiments publics soumis à une vaste rénovation en vue d’accélérer leur transition énergétique. Située au cœur d’une ancienne caserne militaire construite au XIXe siècle, sur une superficie de plus de 20 000 m2, elle fait aujourd'hui l’objet d’une rénovation d’envergure qui s’achèvera en fin d’année pour un montant total de 31,40 millions d’euros. Concentrés en un seul et même lieu, les services de l'État disposeront d'une capacité de 980 postes de travail contre 720 par le passé.
Vers un "campus administratif ouvert"
Opéré par Eiffage Construction avec le concours d’une cinquantaine de PME et PMI alsaciennes, ce chantier porte sur la réhabilitation de neuf bâtiments, la construction de trois nouveaux espaces et la démolition de trois autres dont l’emblématique tour. À terme, le lieu s’apparentera à un "campus administratif ouvert", selon Odile Uhlrich-Mallet, conseillère régionale et première adjointe au maire (LR) de Colmar.
En effet, une coulée verte et des parkings (vélo et auto) verront le jour sur une surface de 2 500 m2 à la place de la tour en cours de démolition.
Un retour sur investissement autour de 20 ans
Ces travaux d’ensemble devraient permettre de faire baisser les consommations d’énergie (chauffage et électricité) du lieu de près de 70 % grâce notamment à l’installation de panneaux photovoltaïques et à une meilleure isolation des bâtiments. "Ce chantier est considéré comme exemplaire avec un délai de retour sur investissement autour de 20 ans", s'est félicité Thierry Queffélec. De plus, la démolition de la tour de la cité administrative offrira une nouvelle perspective, depuis l’entrée nord de la ville, en dégageant la vue sur la collégiale de Colmar qui fait également l’objet d’une importante rénovation pour un montant de 18 millions d'euros.