En 2006, la CCI Rennes Bretagne et son président Guy Canu choisissaient les réseaux pour thématique annuelle de la chambre. Trois ans après, quel bilan tirer? «La culture du réseau, ça se traduit par des chiffres, indique Guy Canu. On a une hausse du nombre de clubs et du nombre d'adhésions». Des chiffres, et des signes. «Quand on a lancé (le mois dernier, ndlr) le club d'affaires franco-allemand, on a eu quand même trente chefs d'entreprises. Pour une réunion qui se tenait à 18h30, c'est plutôt bien. Pour le World Trade Center (lancé à la rentrée), on a déjà 31 entreprises inscrites.» Malgré ces bons résultats, le président de chambre n'est pas dupe. Il sait que la période actuelle favorise de telles réunions. En temps de crise, l'instinct grégaire pousse les patrons à se retrouver. Histoire de voir si le voisin va aussi bien - ou mal - que vous. Malgré tout, «j'ai le sentiment que ça correspond de plus en plus à une demande», estime Guy Canu.
Créer c'est bien, animer c'est mieux
Tout est donc idyllique dans le monde des réseaux rennais? Il ne faut pas tomber dans l'excès. D'abord, 70 clubs, pour environ 3.000 entreprises, c'est beaucoup, mais on peut toujours faire mieux. Et puis, l'efficacité d'un club, ça se mesure aussi par ce qui en ressort. Or, et c'est bien là toute la difficulté, comment faire tout au long de l'année pour ne pas transformer son association en astre mort? «Souvent, tout part d'un créateur de club, qui en devient le président. Mais quand il part, les wagons s'arrêtent, relève Laurent Defrance, animateur du Cercle des présidents, regroupement des présidents de clubs et réseaux de la circonscription de Rennes. «Ce que j'entends de plus en plus, c'est que les clubs ont envie d'échanger, mais ils ne savent pas comment animer, ajoute Guy Canu. Car tout le monde n'a pas forcément un talent d'animateur.Or, aller voir les autres clubs, ça sert à ça».D'où l'idée du forum. «En plus du recrutement d'adhérents, ce forum, c'est le croisement des méthodes de management des clubs», avance le président. Au final, à travers cet événement et notamment une table ronde de réflexion (lire ci-dessous), la CCI Rennes Bretagne veut montrer que les chefs d'entreprises «ont plus de chance d'être en mouvement en étant dans les réseaux que seuls», résume Anne-Claude Millet, directrice Réseaux à la chambre consulaire.
«Se confronter»
«Il faut avoir envie de se confronter aux autres. Il n'y a peut-être pas d'objectifs très chiffrés et concrets, mais ça apporte du sens», souligne Christophe Danlos, président de Facilities Management et gérant du cabinet conseil Perinove. «Les gens qui adhèrent à notre réseau sont des chefs d'entreprises qui n'ont pas le temps de prendre du recul. On est plus là pour l'échange que pour prendre des leçons. On peut confronter ensemble des réflexions. Et de la réflexion va naître des idées.» Mais encore faut-il jouer le jeu. «Un réseau ne vous apporte que si vous lui apportez. Si vous êtes seulement consommateur, vous n'aurez pas de retours», conclut Jean-Michel Boquet, président de la section Bretagne Est de l'ANDRH et DRH du groupe Coralis.
Créer un club pour partager son expérience et trouver de nouvelles idées ; chefs d'entreprises et cadres d'Ille-et-Vilaine déjà impliqués dans les réseaux savent que c'est bénéfique. Reste que, une fois l'association créée, le plus difficile est à venir. Savoir l'animer et la rendre vivante n'est pas inné. La CCI Rennes Bretagne organise son troisième Forum des Réseaux d'entreprises le 17 décembre, en partenariat avec Le Journal des Entreprises. Son objectif : contribuer au bouillonnement des quelque 60 clubs de son territoire.
Philippe Créhange