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Charier met fin à son projet de stockage de déchets près de Donges
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Charier met fin à son projet de stockage de déchets près de Donges

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L’entreprise de travaux publics stoppe son projet de stockage de déchets inertes près de Donges. Ce dernier, qui faisait polémique, avait pourtant obtenu l'autorisation du préfet l'an dernier. Mais ce projet de stockage ne semble plus en phase avec les nouveaux engagements environnementaux que souhaite afficher Charier. Le devenir du site reste en suspens.

Jean Vidal a souhaité mettre fin au projet de stockage de déchets de Charier près de Donges — Photo : Charier

Le groupe nantais de travaux publics Charier (1 800 salariés, 372 M€ de CA en 2023) abandonne son projet de stockage de déchets inertes au sein de la carrière de la Maison-Noulet, à Donges. Ces déchets sont des briques, du béton, des tuiles ou encore des cailloux issus des chantiers de BTP. Inexploitée depuis 2004, la carrière de la Maison-Noulet, site privé interdit au public, s’est naturellement transformée en un plan d’eau au fil des années. Elle est implantée dans une zone Natura 2000 du parc de Brière. Le préfet avait donné son accord au projet de carrière l’an dernier, malgré l’opposition des élus, des habitants et des associations. Dans un communiqué, l’entreprise familiale estime que le projet est devenu peu adapté à sa feuille de route et à ses engagements environnementaux.

"Des activités à visée régénérative"

Charier profite de cette décision pour mettre en lumière ses objectifs en matière climatique, justifiant de fait ce retrait du projet. "L’entreprise familiale est en train de revoir son modèle économique en profondeur. L’objectif est de baisser ses émissions de CO2 de 30 %, mais aussi d’investir de nouveaux champs d’expertise en orientant notamment ses activités vers des activités à visée régénérative", note l’entreprise dans son communiqué.

Témoin de cette volonté, l’entreprise avait racheté l’année dernière la société Chognot, spécialisée dans les milieux humides et en génie écologique. Basée à Surgères, en Charente-Maritime, cette PME de 25 salariés intervient dans les travaux fluviaux et maritimes, portant sur les terrassements d’espaces naturels (cours d’eau, marais, canaux ou zones humides). Loin d'être à son coup d'essai, Charier a également racheté en juillet 2023 la société mayennaise FTPB (85 salariés, CA 14 M€) spécialisée dans les voiries et les travaux d'alimentation en eau potable. "Ce dernier métier nous intéresse tout particulièrement, car il nous apporte des compétences complémentaires aux nôtres", notait alors Jean Vidal.

L'aspect familial essentiel pour le long terme

Entreprise à mission depuis juin 2022, Charier a également intégré le parcours CEC Ouest (Convention des Entreprises pour le Climat). "Nous nous intéressons à la transition écologique au sens large, à travers de nouveaux métiers, tels que les espaces verts, la déconstruction, la dépollution, le recyclage des matériaux, l’électrification, les réseaux", confiait Jean Vidal en 2023, lors de sa prise de fonction de président du directoire de Charier.

Il pointait alors la vision de très long terme qu'offre cette entreprise familiale. "Cet ancrage dans le temps long change complètement les perspectives et permet de réfléchir autrement", notait-il.

Un avenir flou

L’avenir de la carrière reste pour l’instant flou. "La SCI La Clarté, propriétaire du site, souhaite ouvrir le dialogue avec les différentes parties prenantes, à partir de septembre 2024, pour engager une réflexion sur la vocation du site", explique Jean Vidal dans le communiqué de l’entreprise.

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