Ceva Santé Animale agrandit son campus de Laval pour exporter ses médicaments pour chiens et chats aux États-Unis
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Ceva Santé Animale agrandit son campus de Laval pour exporter ses médicaments pour chiens et chats aux États-Unis

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Le site lavallois de Ceva Santé Animale est le centre de référence pour les animaux de compagnie du groupe de Libourne (Gironde). Le campus fait l’objet d’un chantier d’extension à 24 millions d’euros pour renforcer ses capacités de recherche et augmenter ses surfaces de production. L’objectif est d’entrer sur le marché américain à partir de 2026.

Le campus de Laval est le centre d’expertise mondial pour chiens et chats de Ceva Santé Animale. Le site conçoit et produit 220 millions de médicaments par an, commercialisés principalement en Europe, mais aussi en Asie et bientôt aux États-Unis — Photo : Ceva

Le campus de Laval est le centre de référence de Ceva Santé Animale pour les chiens et chats. Un marché qui est en croissance de 4 à 5 % par an. "Plus nombreux, les animaux domestiques vivent aussi de plus en plus vieux et développement de l’arthrite, de l’hypertension, des problèmes de dents, d’obésité, de sénilité, etc.", explique Damien Monzein, directeur du site lavallois. Ce campus conçoit et fabrique autour de 220 millions de comprimés à l’année sous 25 références, vendus principalement en Europe. Mais Ceva possède également des licences pour le Japon, la Chine ou encore le Moyen Orient. L’ambition est aujourd’hui est d’aller aux États-Unis.

40% des ventes mondiales de produits vétérinaires

En nombre d'individus, ce marché est inférieur au marché européen, où environ 250 millions de ces animaux de compagnie à quatre pattes sont recensés ; en tête, la France en comprend 10 %. En revanche, le marché américain représente 40% du marché mondial des soins aux animaux domestiques.

Un potentiel de hausse d’activité de 10 %

En choisissant d’industrialiser à Laval sa production destinée au marché américain, Ceva Santé Animale pense pouvoir augmenter de 10 % en quelques années le chiffre d’affaires de son site. Mais sur le papier, le potentiel marché pourrait doubler l’activité du site — une fois obtenues les autorisations de mises sur le marché aux États-Unis, le Canada et le Mexique devraient suivre, comme c’est souvent le cas en matière sanitaire. Le campus lavallois, l’un des six sites de production de Ceva Santé Animale en France, réalise 120 millions d’euros de chiffre d’affaires. Le groupe basé à Libourne, en Gironde, génère 1,77 milliard d’euros avec 1 700 collaborateurs.

Une extension de 24 millions d’euros

Dans un premier temps, la fabrication pour le marché américain se fera dans les installations actuelles. Mais un chantier est en cours pour agrandir l’usine et le centre R & D du campus. Un nouveau bâtiment d’environ 2 000 m2 est en construction, qui sera complété par les 3 000 m2 d’une usine jusqu’ici sous utilisée et dont la production a été déplacée. Les travaux devraient s’achever courant 2027. Le projet global s’élève à 24 millions d’euros, dont 7 millions dédiés aux nouveaux équipements.

Des choix plus onéreux pour la décarbonation

"Reprendre une partie de l’existant nous permet de limiter notre emprise au sol et d’améliorer notre empreinte carbone", précise Damien Monzein. "Réaménager l’existant nous revient à plus cher, avec une nouvelle isolation, de nouveaux systèmes de traitement de l’air, etc. ainsi que l’emploi de matériaux qui permettent d’avoir un bâtiment à impact positif. En ajoutant les ombrières, nous allons pouvoir réduire de près de moitié notre bilan carbone sur les Scope 1 et Scope 2."

Des embauches à venir

Cette nouvelle activité devrait conduire à la création de 30 à 50 postes dans les prochaines années, en fonction de la percée sur le marché américain. "Nous avons déjà anticipé les recrutements sur la partie R & D", la plus complexe, indique le directeur. Le site lavallois emploie déjà environ 250 personnes.

Un dossier ouvert il y a dix ans

"C’est un projet qui remonte à dix ans et pour lequel nous avons connu les montagnes russes", relate Damien Monzein.

Damien Monzein est le directeur du campus de Laval de Ceva Santé Animale. Le groupe girondin est parmi les laboratoires vétérinaires l’un des leaders mondiaux — Photo : Ceva

Les dirigeants ont cru voir le dossier aboutir en septembre 2024 : ils attendaient une délégation des autorités sanitaires américaines (la FDA) afin de faire homologuer leurs installations et les premiers médicaments. Les élections et l’arrivée à la Maison Blanche de Donald Trump ont retardé les choses. Finalement, en mai dernier, "la visite s’est bien passée et les représentants américains ont semblé apprécier la qualité de notre travail et de nos installations", se félicite le directeur lavallois. Une qualification approfondie des produits doit aboutir à l’obtention de l’homologation d’un premier médicament en janvier 2026 pour commencer à le commercialiser Outre-Atlantique au mois d’avril.

Innover pour percer

Ceva va commencer par exporter un médicament pour l’hypertension des chats. "Cela n’existe pas sur le marché américain. C’est aussi pour cela que nous sommes confiants pour la suite", commente Damien Monzein. D’autres produits pourraient suivre. Le groupe français mise beaucoup sur l’apport de ses innovations pour l’observance des médicaments. "Même si une molécule existe déjà aux États-Unis, elle ne sert à rien si un animal ne veut pas l’ingérer", note le directeur.

Au pays de Donald Trump, Ceva Santé Animale sera confronté à trois des cinq leaders mondiaux du marché de la santé animale, dont les deux mastodontes Zoetis (Michigan ; 9,25 Md€ de CA 2024) et Merck Animal Health (New Jersey ; 5,9 Md€). Le groupe girondin est lui-même positionné dans ce top 5.

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