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Celest Science lève 2 millions d’euros pour modéliser le risque climatique
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Celest Science lève 2 millions d’euros pour modéliser le risque climatique

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La start-up montpelliéraine Celest Science (ex-Tellus AI), qui modélise les risques climatiques grâce à l’IA, finance son décollage commercial auprès de 17 investisseurs. Elle cible les États-Unis, premier marché mondial de l’assurance, avant d’adapter son produit à l’Europe.

Celest Science, dirigée par Léo Lemordant (assis, au centre), est incubée au BIC de Montpellier — Photo : Celest Science

Connu comme l’un des 2 cofondateurs d’Enerfip, leader du financement participatif des énergies vertes basé à Montpellier, Léo Lemordant est reparti vers une nouvelle aventure entrepreneuriale en 2023. Il a créé la start-up Celest Science (ex-Tellus AI, 9 salariés) aux côtés de Pierre Gentine, son ex-directeur de thèse actuellement en poste comme hydrologue à l’Université de Columbia (États-Unis). Incubée au BIC de Montpellier, celle-ci utilise une intelligence artificielle (IA) avancée pour prédire les risques climatiques avec une précision sans précédent. "Les méthodes traditionnelles de prévision des risques physiques – sécheresse, inondations, etc. – liés au climat utilisent des statistiques historiques. Or, comme le prouve la multiplication des événements extrêmes, le climat évolue. Il faut donc prendre en compte tous les éléments à disposition le jour où l’événement débute pour ajuster la prévision du risque", explique Léo Lemordant.

Des besoins grandissants dans l’assurance

Après 18 mois de R & D, Celest Science a finalisé une première solution visant à prévoir les risques climatiques (de 2 semaines à 6 mois à l'avance) qu’elle destine aux entreprises devant intégrer ces facteurs à leur planification stratégique. À cette fin, elle signe une levée de fonds non dilutive de 2 millions d’euros auprès de 17 investisseurs dont 2 fonds, l’américain Plug and Play et l’européen Astorya. La start-up va ainsi financer son développement commercial sur son marché prioritaire, les compagnies d’assurance. "Face au changement climatique, les pertes subies par les assureurs évoluent de deux façons. D’une part, elles ont tendance à augmenter. D’autre part, elles étaient souvent liées aux périls primaires (événements de grande ampleur de type tempêtes ou tremblements de terre, NDLR), alors que les périls secondaires (inondations, grêle, sécheresse, etc. – NDLR) se multiplient aujourd’hui", souligne le dirigeant.

Une démarche de coconstruction

Dans un premier temps, Celest Science va se focaliser sur les États-Unis, plus gros marché mondial de l’assurance. "Les grandes étendues géographiques américaines, et les tendances climatiques associées, se prêtent bien à nos modèles", précise aussi Léo Lemordant. Dans un second temps, Celest Science va adapter ses algorithmes pour s’attaquer à l’Europe, d’ici la fin d’année. "Il nous reste encore beaucoup de choses à découvrir sur ce marché. Nous sommes dans une démarche de coconstruction de ce produit avec nos clients. Nous travaillons avec eux pour répondre à leurs besoins les plus urgents, en matière de gestion des risques, de stratégie de réassurance, etc.", insiste Léo Lemordant. La start-up a déjà signé ses 4 premiers clients, dont les assureurs Zurich et Allianz, qui vient de la sélectionner dans un programme d'accélération.

D’autres débouchés dans l’énergie

D’ici trois ans, Celest Science table sur un chiffre d’affaires "de plusieurs millions d’euros", tout en préparant son arrivée sur d’autres marchés. "Nous avons identifié des besoins dans le secteur énergétique. Les sources d’énergies renouvelables telles que le solaire, l’hydraulique et l’éolien sont très sensibles aux conditions climatiques, et notre solution peut aider les opérateurs à estimer l’énergie productible corrélée aux risques", justifie le dirigeant. D’autres débouchés sont évoqués dans la filière agricole, où la start-up prévoit de déployer "un produit de prévision de rendement agricole à six mois". "Notre souci n’est pas de multiplier les marchés, car notre vocation est de rester une entreprise forte en R & D. Nous souhaitons avancer pas à pas, et trouver la meilleure façon d’être pertinents auprès de nos cibles", conclut Léo Lemordant.

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