Optimiser les routes maritimes, améliorer le suivi des ressources halieutiques, étudier les impacts socio-économiques du réchauffement climatique, anticiper les contraintes sur les infrastructures en mer… Au-delà de proposer des capacités de calcul et de stockage de données démultipliées pour la communauté scientifique, la version augmentée de Datarmor, le supercalculateur de l’Ifremer à Plouzané (Finistère), ouvre de nouvelles perspectives pour modéliser un jumeau numérique des océans de plus en plus précis.
4,5 millions d’euros pour démultiplier la puissance de calcul et de stockage
Car après un investissement initial de 7 millions d’euros en 2017, ce sont 4,5 millions de plus qui viennent d’être injectés dans ce supercalculateur. De quoi multiplier par cinq sa capacité de stockage (plus de 70 pétaoctets) et de calcul pour la porter à plus de 5 pétaflops. Pour rappel, un pétaflop correspond à un million de milliards d’opérations arithmétiques à la seconde. Des investissements portés par l’Ifremer, l’Union Européenne, la Région Bretagne, Brest métropole ainsi que le Conseil départemental du Finistère.
"Datarmor est actuellement utilisée par plus d’un millier d’utilisateurs dans le cadre de 200 projets différents. La plateforme se place à la 500è place mondiale en termes de calcul, mais ses capacités de stockage la hissent au niveau des plus grands centres au monde, se félicite Benoit Morin, l’un des administrateurs de la plateforme. Grâce à l’intégration de l’intelligence artificielle, on estime que les capacités de calcul peuvent même être multipliées par 50".
Industrie off-shore, EMR, routes maritimes, formation…
"La plateforme Datarmor est dédiée aux sciences de l’océan au sens large. Les scientifiques l’utilisent au quotidien pour faire avancer leurs travaux de recherche, que ce soit dans le domaine de l’informatique et du numérique, du suivi biologique des écosystèmes côtiers ou encore de l’exploration des grands fonds", rappelle Mickaël Dequidt, qui administre lui aussi la plateforme.
Mais si la recherche scientifique reste l’une de ses priorités, Datarmor a aussi vocation à accompagner des développements commerciaux pour une exploitation raisonnée des océans. "En permettant d’étudier plus précisément les vagues et les contraintes liées à l’environnement maritime, Datarmor peut par exemple aider les ingénieurs à améliorer la conception des systèmes EMR (d’Énergies Marines Renouvelables, NDLR), des plateformes off-shore ou encore des coques de navires. En permettant une meilleure exploitation des données météo-océanographiques, il peut également aider à optimiser des routes commerciales. Il peut aussi contribuer à la formation des étudiants dans le domaine de l’IA", illustre-t-il. En citant au passage les partenariats noués au fil du temps avec l’IMT Atlantique, l’Ensta Bretagne ou encore l’École navale.
"Nous travaillons également en lien étroit avec le Pôle Mer Bretagne Atlantique, car Datarmor s’inscrit dans un contrat de plan État-Région avec la vocation d’être un moteur de l’innovation en Bretagne, ajoute Mickaël Dequidt. Les PME qui souhaiteraient l’utiliser peuvent donc soumettre leurs projets au PMBA qui étudiera leur éligibilité".