Santé, mer, cybersécurité… : Brest mise sur l’intelligence artificielle pour doper sa compétitivité. La filière rassemble déjà 1 380 emplois sur son territoire, 37 entreprises et 225 chercheurs, et a levé plus de 40 millions d'euros depuis 2016. Une dynamique encore en construction mais bel et bien lancée, comme le révèle une récente étude de l’Adeupa, l'agence d'urbanisme du Pays de Brest.
Santé, mer et défense en première ligne
Publiée en juillet, l’étude révèle que l’IA brestoise repose avant tout sur ses secteurs d’excellence. À commencer par la santé, avec des entreprises comme Intradys, Oxy’nov ou Stryker (ex-Imascap) qui ont développé des solutions pionnières en chirurgie… Ou encore la start-up OSO-AI, qui a levé plus de 10 millions d'euros pour développer son "oreille augmentée" qu’elle exporte désormais à l’international. Sans grande surprise, l’étude révèle aussi que le secteur maritime, la défense (incluant la cybersécurité et le spatial) concentrent 60 % des emplois liés à l’IA, avec des acteurs comme Thales, Mare Custos et ses drones autonomes ou encore Eodyn qui exploite des données satellitaires pour l’océanographie. La banque assurance complète ce socle, porté par le groupe Crédit Mutuel Arkéa.
Dans le détail, "la partie infrastructures et hébergement de données, représentée par seulement trois acteurs - l’Ifremer, le groupe Asten et OVHcloud -, regroupe 223 emplois, soit 16 % de l’ensemble. La partie servicielle en développement d’IA générative est la moins représentée (124 emplois, 9 %), mais présente un potentiel prometteur au regard de la montée en puissance du groupe Polaria et de son accompagnement auprès des organisations du territoire et d’acteurs de pointe dans le domaine de l’IA générative tels que Hugging Face et le groupe Arkéa", indique l’étude.
Un écosystème nourri par la recherche et l’innovation
La recherche alimente elle aussi cette dynamique, avec pas moins de 225 chercheurs en IA sur le territoire. À lui seul, le Lab-STICC de l’Ensta Bretagne en regroupe la moitié, dont les travaux portent notamment sur l’IA frugale et maritime. Les autres grandes écoles ne sont pas en reste, l’UBO, l’IMT Atlantique et l’Isen s’impliquant notamment dans plusieurs chaires, dont AI Oceanix dédiée à la surveillance des océans ou encore ManagIA, dédiée à l’IA générative dans les organisations.
Des perspectives à consolider
Parmi les défis à relever, malgré la présence d’acteurs locaux comme Asten, l’étude de l’Adeupa pointe notamment des infrastructures encore rares, la dépendance aux géants américains du cloud, ainsi que l’éloignement des grands data centers français. Des projets structurants pourraient cependant changer la donne dans les années à venir, à l’image du supercalculateur Datarmor, dans lequel le Français Global Development Group compte investir 60 millions d’euros à Morlaix. L’effet réseau cher aux Bretons pourrait lui aussi favoriser l’essor de la filière, avec la création du cluster breton SequoIA (20 M€ via France 2030) ou encore le Technopôle Brest-Iroise, qui anime le plan "Brest is AI" et l’événement AI Days, désormais suivi au niveau national.