Bull : L'activité portée par le supercalculateur
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Bull : L'activité portée par le supercalculateur

Depuis le milieu des années 2000, Bull reprend des couleurs. Grâce notamment à la fabrication des supercalcul

ateurs, un marché de niche en expansion. Le visiteur y entre avec un casque. La pièce de stockage du supercalculateur abrite une dizaine d'armoires empilant des serveurs ou «noeuds de calculs» connectés entre eux, équipés de ventilateurs bruyants et d'un système de refroidissement liquides, adaptés à la mesure de la bête de course. Et encore, ce n'est qu'une petite partie du Tera 100, le supercalculateur commandé par le Commissariat à l'énergie atomique (CEA). «Les livraisons se font peu à peu», confie Pierre Carré, responsable qualité et productivité sur le site angevin. Au total, l'engin englobera 200 armoires et 4.300 serveurs interconnectés, pour une capacité de calcul d'un million de milliards d'opérations seconde.




«50% de l'activité»

Si la machine est imposante., elle a aussi un poids économique: 50millions d'euros. Depuis février et jusqu'en ce mois de juillet, l'activité de fabrication de supercalculateurs a nécessité le renfort d'une trentaine d'intérimaires à Angers. «Aujourd'hui plus de la moitié de l'atelier travaille sur les supercalculateurs», commente Nathalie Galuret, responsable de la communication. Si toutes les commandes ne sont pas aussi pharaoniques, la gamme Bullix (supercalculateur) est en plein développement. «L'activité supercalculateur est en train de monter en puissance, commente Pierre Carré. Elle pourrait atteindre 75% de notre activité à terme.» Une bonne nouvelle après les difficultés rencontrées. Implantée en 1962 à Angers, l'entreprise comptait encore 3.000 salariés en 1978, avant de voir ses effectifs fondre pour atteindre 230 salariés aujourd'hui. Le site angevin, seul site de production, spécialisé également dans les systèmes de gestion, les serveurs et l'offre de stockage, a connu un premier tournant au milieu des années 90 avec la privatisation de l'entreprise.




«Une référence»

Depuis près de quatre ans Bull remonte la pente avec notamment une stratégie intégrant le lean manufacturing et la progression de la production de supercalculateurs. «Le Tera 100 est déjà une référence. Il sera le supercalculateur le plus performant en Europe et il n'a été choisi par le CEA par hasard. Même si nous sommes français, l'enjeu nucléaire est trop important, ils ont pris le meilleur» explique Pierre Carré. Outre le CEA, des contrats ont également été passés avec la direction des affaires militaires anglaise ou des universités comme celle de Dusseldorf. Et les applications s'ouvrent à de nombreux corps: météorologie, recherche médicale, industrie automobile (pour éviter les tests en soufflerie et autres crash test) ou encore le prototypage. Avec Mobul, un supercalculateur de près de 14m de long pour 22t, transportable et pouvant être installé en extérieur, Bull va même s'agrandir un peu. Prévue à Angers en octobre, sa production réquisitionnera deux quais et s'accompagner d'une prolongation de bâtiment d'une centaine de mètres carrés.

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