Budget 2026 : Sébastien Lecornu répond aux chefs d’entreprise
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Budget 2026 : Sébastien Lecornu répond aux chefs d’entreprise

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Près d’un mois après la publication d’une tribune signée par 2 000 dirigeantes et dirigeants dans L’Express, et sur fond de colère ouvertement exprimée, Sébastien Lecornu répond. Alors que les chefs d’entreprise dénonçaient les "dérives" du débat budgétaire, le Premier ministre estime que "le vrai danger, c’est l’absence de budget".

Le Premier ministre Sébastien Lecornu répond aux 2 000 patrons signataires d’une récente tribune dénonçant les "dérives" du débat budgétaire — Photo : Patrice Normand

Le ras-le-bol des patrons a fait réagir le Premier ministre. Sébastien Lecornu publie, le 1er décembre, une lettre sur ses réseaux sociaux à destination des chefs d’entreprise. Il répond ainsi à une tribune signée par 2 000 dirigeants, publiée dans L’Express.

Le "danger" d’un pays sans budget

Dans sa lettre ouverte aux entrepreneurs et entrepreneuses, le Premier ministre assure comprendre et mesurer pleinement leur besoin de stabilité et de visibilité en matière de fiscalité. Mais le contexte parlementaire, où le compromis semble difficile à atteindre, fait dire à Sébastien Lecornu que "le vrai danger pour le pays : c’est l’absence de budget".

"Sans budget, la plupart de la commande publique serait entravée, et ce sont vos carnets de commandes qui seraient directement ou indirectement impactés", écrit Sébastien Lecornu à l’attention des patrons.

Un appel à la lucidité

Le Premier ministre assure que sans budget voté au 31 décembre, "l’incertitude exploserait et aucun entrepreneur n’investit sereinement en plein brouillard". L’incertitude budgétaire a déjà des conséquences sur l’économie, selon la Banque de France, elle coûte 0,2 point sur une prévision de croissance à 0,7 % pour 2025.

Sébastien Lecornu appelle aussi à être "lucide" et rappelle que faire des économies "structurelles, respectueuses de notre histoire", sera nécessaire.

Le budget finalement rejeté par l’Assemblée

La tribune des 2 000 patrons, publiée le 6 novembre dernier, dénonçait les "dérives" du débat budgétaire en plein examen du projet de budget 2026 par l’Assemblée nationale. De nombreuses mesures fiscales y avaient en effet été adoptées comme la limitation du pacte Dutreil ou l’abaissement du seuil de déclenchement de l’impôt sur les bénéfices des multinationales. Face à ces mesures, les patrons signataires de la tribune dénonçaient une fiscalité "pensée comme une sanction plutôt qu’un outil d’équilibre".

Dans un sens plus favorable aux entreprises, les élus avaient cependant validé l’accélération de la baisse de la CVAE et baissé le coût des heures supplémentaires.

Au final, les députés ont rejeté l’ensemble du projet de loi le 21 novembre dernier en première lecture. Le budget est désormais entre les mains des sénateurs.

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