Les services proposés par les CCI aux dirigeants et dirigeantes d’entreprises vont-ils disparaître ? C’est en tout cas la conviction d’Alain di Crescenzo, président de CCI France après la publication du projet de budget de l’État pour 2026.
Des synergies "caduques" entre les CCI et CMA
Alors que le texte du projet de loi de finances 2026 prévoit une suppression d’un tiers des ressources des CCI soit 175 millions d’euros, selon le président du réseau, cela signifie "la fin des CCI telles qu’on les connaît et du service public aux entreprises", estime Alain di Crescenzo.
Pour le gouvernement, cette opération budgétaire doit permettre d’ajuster le niveau de soutien public apporté par l’État aux chambres de commerce et d’industrie, ainsi qu’aux chambres des métiers et de l’artisanat. L’objectif est de "tenir compte des synergies qui pourront être recherchées entre les missions confiées par l’État aux CCI et aux CMA en termes d’accompagnement des entreprises", selon le projet de budget.
Pour Alain di Crescenzo la mutualisation devient "caduque" dès lors que certaines activités seront interrompues. Parmi ces activités, le président de CCI France cite les missions principales des chambres comme l’accompagnement à la création, au développement et à la transmission d’entreprises ou encore l’internationalisation.
La crainte de nouveaux licenciements
La décision du gouvernement ne tient pas compte du contexte, selon l’élu. "L’économie n’a jamais été aussi dure pour les entreprises, nous avons atteint un record de défaillances avec un mois terrible en septembre", relève-t-il.
Surtout, cette baisse de budget intervient alors que les ressources des CCI ont déjà diminué de 66 % entre 2013 et 2025. Pour s’adapter à ces nouveaux moyens, les CCI sont passées de 25 000 à 14 000 collaborateurs au total. Aujourd’hui, Alain di Crescenzo craint de devoir licencier jusqu’à 3 000 personnes.
Si la baisse du budget des CCI est adoptée, le président de CCI France n’hésitera pas à présenter sa démission. "Plusieurs présidents de chambre sont prêts à démissionner, et moi le premier", prévient-il. Mais Alain di Crescenzo, qui doit rencontrer le ministre Serge Papin, ministre des PME, du commerce et de l’artisanat dans les jours qui viennent, est certain d’avoir le soutien du Parlement pendant les débats sur le budget.