Briqueteries du Nord : La PME centenaire ne cesse d'innover

Briqueteries du Nord : La PME centenaire ne cesse d'innover

Deuxième fabricant français sur le secteur des briques apparentes, cette société qui fête son centenaire cette année, bien connue pour sa brique de Leers, investit en permanence.

En 1912, André Coisne qui avait regroupé en 1902 plusieurs briqueteries et Henri Bernard qui avait fait de même en 1905 décident de s'associer pour créer les Briqueteries du Nord, avec deux autres associés. En 1919, ils ont déjà neuf fours et, dix ans plus tard, créent la briqueterie de Leers. Celle-ci fabrique toujours ces fameuses briques de Leers, des briques pleines, cuites à l'ancienne dans un four Hoffmann, le dernier de la métropole lilloise, jamais éteint depuis 1947! À la différence des fours tunnels où les briques avancent sur des wagons, là c'est le feu qui se déplace pour cuire les briques. La température monte doucement et refroidit progressivement dans ce four au tirage naturel. Cette cuisson qui prend douze jours génère ce camaïeu de rouge qui fait toute la réputation de la brique de Leers fabriquée à partir de cette argile limoneuse propre aux plateaux du Nord, creusée dans cette carrière de Leers.




Héritage familial

«Aujourd'hui, avec les pigments on peut même obtenir des briques jaunes ou noires», souligne Gilles Bernard, P-dg de la société et arrière-petit-fils du fondateur. Entré dans la société en 1994 après une carrière d'ingénieur maritime, il dirige la société aujourd'hui aux côtés de Xavier d'Albissin, héritier de la famille Coisne. Ils représentent tous deux la quatrième génération des fondateurs et ont su moderniser les techniques pour mécaniser et automatiser au maximum les tâches.




Robotisation

Depuis 2005, plus de trois millions d'euros ont ainsi été investis sur ce site de Leers d'une capacité de 20.000 tonnes par an. Tout d'abord un hangar de stockage a été construit pour abriter l'argile creusée en quelques semaines, permettant d'avoir un stock disponible pour l'année. Passée dans un malaxeur vertical et épierrée, cette matière première est moulée en pains d'1m30 de long ensuite découpés en 20briques, grâce à un alignement de cordes de piano, une tâche qui jusqu'en 2005 se faisait manuellement, mais robotisée depuis. Tout comme la pose des briques sur des chariots. Auparavant des ouvriers mettaient les briques trois par trois dans des séchoirs hâlettes, de petites halles en extérieurs protégées de la pluie, où elles mettaient de onze jours à onze mois pour sécher, un travail alors très saisonnier. Aujourd'hui un bras robotisé vient poser les briques sur des wagonnets (supportant 66 briques), ensuite enfournés dans un séchoir à faible consommation d'énergie, chauffées et ventilées. Le séchage qui prend une semaine est régulé par informatique. «Nous avons gagné en productivité, en qualité de séchage, et surtout nous pouvons travailler à la demande sur ce principe du first in first out», souligne Gilles Bernard. L'investissement de 2005 a également permis d'automatiser le four, géré par informatique tout comme son alimentation en charbon, qui a été optimisée.




Trois sites

Sur les deux autres sites de Lomme et Templeuve, chaque four - à tunnel cette fois - et chaque séchoir est également géré par informatique. Ces deux établissements produisent des briques perforées, dotés chacun d'une capacité de 35.000 tonnes par an. Chaque site a sa propre carrière: 12 hectares à Leers, 15 hectares à Lomme sur le Pavé de Pérenchies, 50 hectares à Templeuve, d'où on extrait également du sable pour le secteur des travaux publics.






Diversification et développement du recyclage

BdN dont la production de briques ne représente que la moitié du chiffre s'est diversifiée depuis longtemps dans d'autres activités: extraction d'argile et de sable de remblais de ses carrières, négoce d'agrégats ou de produits de gros oeuvre ou encore enfouissement de déchets inertes. La PME a aussi développé une activité de recyclage de ces déchets sur son site du port de Lille (où se trouve son siège social), mais surtout à Leers, où depuis 2007 elle a investi dans une importante plateforme de recyclage, à hauteur de 700.000euros. Les solides sont concassés et revendus en cailloux, les mous malaxés mélangés à de la chaux et revendus comme remblais. À Leers, 70.000 tonnes de déchets recyclés sont ainsi revendues chaque année.



Nicole Buyse

BdN



(Lille) P-dg: Gilles Bernard 101salariés CA2011: 17M€ 0320170100