Bretagne : Yann Lejolivet a dîné à l'Elysée

Bretagne : Yann Lejolivet a dîné à l'Elysée

Le président du comité régional des banques en Bretagne, Yann Lejolivet (directeur du Crédit Mutuel de Bretagne pour l'Ille-et-Vilaine) était l'invité du Président de la République, par l'intermédiaire de sa député Marie-Anne Chapdelaine (PS, 1ère circonscription), à l'occasion d'un dîner donné mercredi 17 décembre à l'Elysée. Retour en trois questions sur cet événement...

1. Vous avez dîné à l’Elysée mercredi soir, invité par votre députée Marie-Anne Chapdelaine, qu’avez-vous dit au Président de la République et que vous a-t-il inspiré ?

Cette invitation avait un but : à mi-mandat, réunir autour du Président des acteurs économiques, sociaux et culturels afin d'échanger très directement sur leur vision de cette première moitié de quinquennat. Marie-Anne Chapdelaine m'a sollicité pour exposer la vision des chefs d'entreprise que nous rencontrons, au quotidien, dans nos agences bancaires. J'ai pu évoquer sans fard la nécessité pour les pouvoirs publics de "remonétiser" leur parole. La confiance est et sera le fondement du retour de la croissance. Cette confiance reste à consolider. Des incompréhensions demeurent tant sur la vision partagée d'une économie concurrentielle ouverte sur l'extérieur que sur le CICE, pour ne citer que deux exemples. Il y a plus de 3,3 millions d'entreprises en France, à 95% ce sont des TPE. Or, les pouvoirs publics ne semblent parfois connaître que celles du CAC 40. Cela n'est pas bien vécu sur le terrain. Le Président a été très attentif à ce message et s'est révélé à l'écoute, ouvert à un échange pourtant très "direct". C'était la règle fixée au départ, il s'y est tenu. C'est à souligner.

2. Les banques sont souvent critiquées en ce moment, accusées de ne pas jouer le jeu, de ne plus prêter et de resserrer leurs conditions, que répondez-vous ?

Les chiffres sont là : l'encours des financements bancaires à l'économie vient de franchir la barre symbolique des 2.000 milliards d'euros, en progression de 2,5% sur un an. Donc oui, les banques continuent de financer les acteurs de l'économie malgré un contexte règlementaire renforcé. Je peux reprendre intégralement à mon compte les termes utilisés par l'un de vos confrères évoquant Bâle 3 : "Une règlementation bancaire mal dessinée, qui pénalise l'économie réelle sans arrêter les bulles". Et bien, malgré ce cadre, les banques implantées dans leurs territoires continuent à financer l'économie réelle avec détermination. Les banques sont critiquées, pourtant elles font le job ! C'est même leur priorité.


3. Le crowdfunding a le vent en poupe, la Région Bretagne veut lancer son propre fonds, que pensez-vous de cette tendance ? Une concurrence aux banques traditionnelles ?

Collecter de l'épargne, même à travers des agences bancaires, c'est déjà faire du crowdfunfing ! Nous ne découvrons donc pas le sujet. Ce qui change aujourd'hui, c'est la disparition de l'intermédiaire physique que la digitalisation rend désormais possible. Au final, ce qui compte, c'est moins l'outil que l'utilisation de l'épargne au bénéfice de TOUTES les entreprises : fonds propres, financement du cycle d'exploitation, crédit amortissable... Et, de ce point de vue, il serait incompréhensible, voire contre-productif, que certains -les agences bancaires- se retrouvent perclus de règlementation quand d'autres verraient ces contraintes allégées en tout ou partie, alors même qu'ils peuvent sélectionner leurs types d'intervention. Les collecteurs d'épargne doivent être complémentaires et soumis au mêmes règles. L'épargne collectée par les réseaux bancaires est intégralement réinvestie dans l'économie réelle, de proximité.