« Nous pensons à une amélioration en 2015, mais très très limitée », estime Jean-François Chaudru, le directeur régional de la Banque de France à Rennes. Pour lui, le risque est alors de « perdre en compétitivité ». Car les entreprises bretonnes n’ont pas plus le moral en ce début d’année 2015, qu’elles ne l’avaient en 2014 ! En témoigne l’enquête menée par la Banque de France du 15 décembre au 15 janvier dernier, auprès de 1.527 entreprises ayant répondu à son questionnaire de conjoncture.
Industrie et construction en chute
Les entreprises industrielles bretonnes continuent de voir leur chiffre d’affaires se contracter en 2014, à -1,4%, alors qu’elles en espéraient une hausse de 2,7%. Pour 2015, elles sont donc moins optimistes, envisageant une augmentation de 1,7% de leur CA seulement. « On ne retrouve pas le niveau de production d’avant 2008, constate Jean-François Chaudru. Par rapport à l’indice 100 de 1999, 2008 était à 137 et nous n’en sommes qu’à 131 an 2014 ». L’année passée, l’industrie a donc vu la poursuite de l’érosion de ses effectifs (-1,1%, avec même -4% dans les matériels de transport). Seules les entreprises de 200 à 500 salariés enregistrent une légère hausse de +0,6%. Pour 2015, les industries prévoient encore -1,6% d’effectifs (-9,9% chez les intérimaires). Par contre, elle envisage d’investir davantage : +11,3%. Même tendance à la baisse dans la construction, qui souffre encore plus que l’industrie, avec -3,6% de chiffre d’affaires en 2014, alors que les entreprises n’attendaient que -0,6% ! La coupure est nette depuis 2008, et les chefs d’entreprise sont 45% à estimer que leur rentabilité a baissé cette année (+ 10 points par rapport à 2013). Résultat, les effectifs ont chuté aussi de 2,8% dans la construction et les investissements de -9,8%. Une tendance qui devrait se poursuivre en 2015, avec -12,4% d’investissements prévus dans ce secteur.
Services marchands plutôt stables
Le seul secteur qui tire son épingle du jeu dans ce contexte morose, c’est celui ses services marchands (+2,2% de chiffre d’affaires). « Le climat des affaires dans ce secteur en Bretagne a toujours été supérieur à l’indice national. Aujourd’hui, on est quasiment au même niveau », constate Jean-François Chaudru. « Là, on a retrouvé le niveau d’avant crise ». La rentabilité dans ce secteur est plus souvent au rendez-vous : la moitié des chefs d’entreprise ont vu une hausse de leur rentabilité d’exploitation, contre 28% en 2013. En 2015, ils prévoient de maintenir ce niveau de rentabilité. Les effectifs aussi devraient rester stables (+1%), pour un chiffre d’affaires qui se tasserait (+0,7%), et des investissements moins en baisse (-3,4% contre -5,2% cette année).