Comme nous l’évoquions fin 2024, le secteur de la pêche connaît actuellement de larges bouleversements. En plus des conséquences du Brexit, des charges qui s’alourdissent, de la crise énergétique et des nouvelles règles dictées par Bruxelles, les pêcheurs doivent composer avec les demandes régulières des ONG pour sanctuariser des aires marines protégées. Ces lobbies souhaitent que soit interdit le chalutage dans ces zones et vont jusqu’à demander une "déchalutisation" des flottilles.
Des pressions qui font bondir le Comité régional des pêches maritimes et des élevages marins (CRPMEM) de Bretagne. Pour lui, il en va tout simplement de préserver la souveraineté alimentaire de la France en matière de produits de la mer et de garantir un équilibre économique et social pour la Bretagne.
La souveraineté alimentaire en jeu
L’organisation pointe ainsi du doigt la "vision dogmatique et hors-sol de quelques activistes", indiquant que "le sujet est bien plus complexe et subtil".
Les représentants de la pêche professionnelle insistent sur l’importance cruciale des chalutiers pour la souveraineté alimentaire du pays.
"Alors que la France importe 80 % des produits de la mer consommés dans le pays, nous souhaitons que les produits de la pêche bretonne restent accessibles au plus grand nombre de consommateurs", explique Grégory Métayer, patron du chalutier Le Pearl (Saint-Quay-Portrieux) et président du comité des pêches des Côtes-d’Armor. "Il est pour nous inconcevable que les produits de la pêche soient réservés aux seuls riches, les autres, plus modestes devant se contenter de produits d’importation et d’élevage, qui sont de moindre qualité pour un bilan écologique et humain désastreux", complète Sébastien Le Prince, vice-président du comité des pêches du Finistère et patron du chalutier Magellan II (Le Guilvinec).
Remise en cause de l’équilibre économique et social des littoraux
La fin des chalutiers aurait de graves répercussions sur l’équilibre économique et social des territoires littoraux bretons, puisque la région compte plus de 4 000 professionnels de la pêche au chalut et 1 200 chalutiers. Sachant que pour chaque marin, cela induit trois à quatre emplois à terre, l’interdiction du chalutage sur ces zones visées aurait deux conséquences principales. La première serait d’accentuer la pression de pêche sur la bande côtière. La seconde serait le sacrifice du volume des approvisionnements de nombreux acteurs locaux (et leur régularité), comme les criées, mareyeurs, transporteurs et distributeurs. "Cela mettrait en péril leur viabilité", estime le comité des pêches.