Le changement de ton est assumé. Terminées les envolées optimistes. Place au réalisme, dans toute sa brutalité. À l'occasion de leur "Baromètre 13", bilan conjoncturel consacré à la situation économique dans les Bouches-du-Rhône au cours du 1er trimestre, l'Union pour les entreprises 13 (UPE 13), ainsi que la CCI Marseille-Provence et celle du Pays d'Arles, ont tenu à alerter. « Si nous changeons de tonalité, c'est parce qu'il y a une inquiétude grandissante chez les chefs d'entreprises, soupire Emmanuel Barthélémy, vice-président de l'UPE 13. Désormais, nous jugeons la situation très grave ». Après une année 2012 marquée par un relatif maintien économique, c'est en effet un inquiétant processus de stagnation qui s'est mis en place depuis quelques mois dans le territoire. Et ce, dans un contexte globalement empreint de morosité. En cause, « l'attentisme de la demande », le « manque de visibilité » et les « difficultés croissantes de trésorerie ». Avec un résultat que les représentants du monde économique ne peuvent que constater : aujourd'hui, « peu de projets d'investissement ou de recrutement sont anticipés ».
Chutes d'activité
Parmi les secteurs d'activités les plus impactés figurent en bonne place le BTP et l'immobilier. « Notre profession est sinistrée, déplore Philippe Meiffren, directeur de la Fédération du BTP 13. Le recul d'activité est considérable, surtout dans le bâtiment. Nous devrions perdre cette année plus de 5 % d'activité, ce qui représente environ 2.000 emplois ». Même sombre constat du côté de la Fnaim 13, où l'on a enregistré en 2012 une chute du nombre de vente de biens immobiliers de près de 25 %. Autres activités en souffrance : la chimie et la pétrochimie, marqués par une érosion des marges et une stagnation globale de la demande. Le pessimisme est également de mise du côté du commerce, des services marchands, des frets maritimes et aériens et d'une partie du secteur touristique local.
« Une perte de confiance »
« Nous sommes clairement en train de perdre pied, à cause du manque de volonté de positionnement de notre territoire, regrette Éric Ammar, vice-président de la CCIM-P. Les deux secteurs locaux qui résistent le mieux à la crise sont l'aéronautique et la croisière. Et comme par hasard, ce sont ceux qui bénéficient d'une vision métropolitaine et où les investissements sont réalisés en continu depuis des années ». Pour l'élu consulaire, le signal d'alarme doit être tiré : « Nous sommes très inquiets. Nous sentons sur le terrain une perte de confiance totale de la part des chefs d'entreprises. Nous n'avons jamais ressenti chez eux un tel degré de découragement. Et nous craignons que si nous n'allons pas jusqu'au bout de la démarche métropolitaine, les choses n'empirent ».
Conjoncture Les représentants du monde économique local tirent aujourd'hui la sonnette d'alarme. BTP, pétrochimie, commerce... : les filières sinistrées se multiplient.