Dès 1984, l'idée de Kerviande est de livrer, à domicile, par un artisan boucher, de la viande de bonne qualité à des clients locaux de Pleumeleuc. Un peu comme ces boulangers qui faisaient la tournée des campagnes pour vendre leur pain... Aujourd'hui, à l'heure des hypermarchés, du drive et de l'Internet florissant, l'entreprise garde son cap. Même si elle a ouvert des sites marchands (kerviandeonline pour commander via internet et kerviandedrive pour les clients locaux) pas question de déroger à ce modèle de vente à domicile... qui marche! Internet ne représente qu'1 % des ventes.
84 commerciaux
L'année dernière, Kerviande a réalisé +3,2 % de chiffre d'affaires, atteignant les 16 millions d'euros. Inutile de préciser qu'elle ne réalise pas cette performance avec un seul artisan boucher sillonnant les routes bretilliennes ! Rachetée en 1996 par le groupe familial nantais Cadegau, Kerviande a grandi depuis 2005 à Montauban-de-Bretagne. Une extension en 2013 a d'ailleurs permis d'atteindre de nouveaux marchés. L'entreprise, dirigée par Mikaël Cadio, est un boucher grandeur XXL : elle reçoit des viandes de tout le grand Ouest (Bretagne, Pays de la Loire et Normandie), qu'elle découpe, prépare et vend à peu près sur ce même territoire. 84 commerciaux sillonnent la Bretagne, les Pays de la Loire, un peu la Charente Maritime et depuis septembre dernier la Basse Normandie. Chacun sur son secteur, chacun auprès de ses clients. Le commercial est celui qui prend la commande du client, chez lui, puis la lui livre, une semaine plus tard. Un modèle basé sur le relationnel, la confiance, la proximité.
48 salariés en production
« Nous espérons développer notre présence de cette manière en ex-Haute Normandie et vers Bordeaux et l'Aquitaine, pour 2016-2017, annonce Mikaël Cadio. Puis, dans dix ans, nous pourrons couvrir presque toute la France. Nous voulons garder cet axe du conseil et de la relation client », justifie le dirigeant, dont les concurrents sont finalement les bouchers traditionnels, les GMS et la vente à la ferme qui se développe aussi. Pour arriver à satisfaire ses clients, Kerviande s'appuie sur 48 salariés qui préparent viande fraîche et viande surgelée à Montauban, puis la livrent à des plateformes TFE (une quinzaine) qui servent de dépôt pour les vendeurs. Soit, entre autres, une tonne de saucisses par jour en saison, et 4 tonnes de steak haché par semaine en surgelé.
Augmentation de la demande en surgelé
« La part du surgelé augmente, constate Mikaël Cadio. Nous étions à 37 % en 2015, nous sommes à 47 % sur les premiers mois de 2016. C'est un système qui arrange nos clients, qui préfèrent acheter ainsi plutôt que de congeler eux-mêmes pour la semaine ! C'est un axe de différenciation pour nous ». Et le surgelé permet aussi à Kerviande de mieux organiser sa production, et d'avoir du stock pour les périodes de pointe (comme les viandes marinées pour l'été par exemple). « C'est une demande du client, mais nous n'arrêterons jamais de faire du frais ». La viande fraîche (porc, boeuf, volaille...) représente 500 références chacune disponible en trois tailles.
Nouveautés
Les nouveautés sortent aussi chaque année, issues du travail collaboratif de tous les salariés qui testent leurs idées. À partir de septembre, Kerviande passera également 100 % du porc frais en porc Bleu Blanc Coeur (riche en oméga 3/élevé au lin). À terme, l'entreprise aimerait travailler avec des producteurs de Montauban uniquement... Un ancrage régional et local que Kerviande voudrait valoriser grâce à Produit en Bretagne, auprès duquel elle a déposé un dossier de candidature.
>Kerviande (Montauban de Bretagne). DG : Mikaël Cadio ; Directrice site : Valérie Baly ; 48 salariés (+84 commerciaux) ; CA 2015 : 16 M€ (+3,2 %) ; 02 99 06 15 30 ; www.kerviande.fr
Boucher à domicile depuis 1984, Kerviande, à Montauban-de- Bretagne, à l'ouest de Rennes, persiste et signe sur ce modèle, pour les relations de proximité.
Ses commerciaux livrent l'Ouest de la France. Objectif : recruter pour l'ex-Haute-Normandie et Bordeaux-Aquitaine.