Bolloré : 250millions d'euros d'investissement à Quimper
# Industrie

Bolloré : 250millions d'euros d'investissement à Quimper

C'est le plus gros investissement que le Finistère n'a jamais connu. Sans doute l'un des plus grands en Bretagne. Vincent Bolloré a annoncé, en mai, la construction d'une nouvelle usine de batteries au lithium à Ergué-Gabéric. Un investissement de 250millions d'euros. Environ 350 emplois seront créés d'ici à fin 2013. Un pari sur l'avenir de BatScap et de la Bluecar. Isabelle Jaffré

250.000millions d'euros d'investissement. Le chiffre a de quoi faire tourner la tête à pas mal d'entrepreneurs. Vincent Bolloré fêtait sa 30e année à la présidence du groupe, le 5mai dernier. Il en a profité pour annoncer cet investissement record en Finistère et certainement en Bretagne. Les 250M€ serviront à construire une nouvelle usine de batteries au lithium Métal Polymère (LMP), destinées à la Bluecar. Le nouveau bâtiment de 35.000m² sera construit sur le site historique du groupe à Ergué-Gabéric. Un champ de 12 hectares est disponible entre l'usine de production de films plastiques et l'actuelle usine BatScap. L'industriel prévoit déjà la pose de la première pierre pour mi-janvier et l'inauguration au printemps 2012.




«Concordat social»

Le nouvel outil va permettre d'augmenter la capacité de production de BatScap. Entre 15.000 et 20.000 batteries par an y seront produites. La prise de risque est importante sachant que les batteries lithium-ions asiatiques ne sont pas encore sorties. «Nous voulons saisir notre chance plutôt que d'attendre, de vérifier... Il s'agit de forcer notre avance», justifie Vincent Bolloré. Parallèlement, le groupe investira, à terme, à peu près le même montant dans son usine canadienne, selon l'évolution du marché. Ce ne sont pas moins de 350 embauches qui sont prévues d'ici à fin 2013. «Mais je ne veux pas que l'on me jette la pierre si ça ne marche pas», prévient l'industriel. Il compte sur un dialogue avec les syndicats pour mettre en place comme un «concordat, un développement social». Sa forme? «On ne sait pas encore. Mais cette aventure doit être partagée. C'est un challenge et il faut que les équipes soient partantes.»




Seconde vie pour les LMP

L'entreprise va aussi diversifier l'usage des LMP. En seconde vie, après l'utilisation par une voiture, elles pourront être utilisées dans les maisons de particuliers. «Quand une batterie de voiture ne peut plus recevoir que 80% de sa capacité, elle ne correspond plus aux normes.» Reste à trouver la matière première. La Bolivie est depuis la fin des années 90, le principal pays fournisseur du métal. Mais le groupe Bolloré se tourne maintenant aussi vers l'Argentine. «C'est un marché très spéculatif, explique Jean-Marc Métais, président de BatScap. Il faut réussir à intégrer la filière.» Un pari sur l'avenir de la Bluecar et des batteries LMP, qui peut sembler un peu fou. Mais «l'industrie, c'est le risque», affirme Vincent Bolloré.

# Industrie