Le chiffre d’affaires de Biolait a reculé de 11 % sur ces deux dernières années pour s’établir à 143 millions d’euros en 2024. Ce recul du chiffre d’affaires s’accompagne d’une baisse des volumes collectés. Le premier collecteur de lait bio en France (100 salariés), basé à Saffré, en Loire-Atlantique, a ainsi récolté 240 millions de litres de lait bio en 2024, contre 270 millions en 2023, auprès de ses 1 900 producteurs répartis dans 73 départements. Les causes de cette décollecte sont multiples : crise sanitaire de la FCO (fièvre catharrale ovine) dans l’est de la France, désertification, départs à la retraite non remplacés, arrêts de la production en raison de revenus insuffisants… Pour inverser la tendance, la dernière assemblée générale de Biolait, réunie en avril dernier, a voté des orientations majeures pour revaloriser de 10 % le prix du lait payé au producteur. L’objectif est de passer la barre des 500 euros, contre 485 euros en 2024, pour 1 000 litres de lait dès 2025.
Réduire les coûts logistiques
Pour y parvenir, le groupement veut agir en tout premier lieu sur les coûts de collecte et de transport du lait auprès des 1 100 fermes adhérentes. Pour réduire ces coûts logistique, Biolait souhaite densifier ses tournées en imposant, par exemple, aux exploitations de livrer un volume minimum de lait et en intégrant de nouvelles fermes, sous réserve qu’elles s’inscrivent dans un schéma territorial cohérent. "Nous avons enregistré une soixantaine de demandes d’adhésions de producteurs lâchés par leur collecteur. Nous les examinons actuellement", indique Yves Sauvaget, vice-président de Biolait.
Élargir les débouchés commerciaux
Sur un an, Biolait a enregistré une hausse de 4 % des volumes vendus à ses trois partenaires commerciaux principaux, Auchan, Biocoop et Système U, parmi ses 100 clients. Dès 2025, la marque distributeur d’Auchan affichera le repère "Il Lait Là" garantissant l’origine Biolait et qui stimule les ventes auprès des consommateurs. De nouvelles actions commerciales sur les secteurs de la restauration hors domicile (RHD) ont, par ailleurs, permis de réduire le déclassement du lait bio de Biolait en conventionnel. "À moyen long terme, entre la baisse de production et la consommation qui repart à la hausse, nous entrevoyons en France un manque de lait bio, déjà constaté en Allemagne, au Royaume-Uni ou encore aux Etats-Unis. Cela va pousser les prix à la hausse et permettre de mieux rémunérer les producteurs", espère Maud Cloarec, vice-présidente de Biolait.
Enfin, Biolait a demandé au ministère de l’Agriculture d’ouvrir aux organisations de producteurs de lait bio les "programmes opérationnels" qui dispensent, via la PAC (politique agricole commune) des aides destinées à soutenir les investissements des producteurs. Celles-ci pourraient s'élever à huit millions d'euros.
Signe d’espoir, Biolait a attiré 43 nouveaux éleveurs, dont 20 % âgés de moins de 40 ans, sur l’année écoulée. Ces installations doivent contribuer à pérenniser le modèle de fermes autonomes, productives et écologiques portés par le groupement. Biolait génère 2 500 directs, soutenant ainsi l’économie locale, tout en participant à la souveraineté alimentaire de la France.