La fédération des industries électriques, électroniques et de communication (FIEEC) regroupe 2.000 entreprises en France, 70% de PME et représente 84 Md de CA. Son représentant, Bernard Bismuth, était à Brest pour le congrès Brasage consacré aux technologies d'interconnexion de la carte électronique, les 19et 20mai. Entretien.
Jabil, Grass Valley, Asteel: la filière électronique et numérique du Finistère enregistre des plans sociaux à répétition. Peut-on encore être optimiste pour son avenir dans son ensemble?
Certes, la crise a engendré une chute de l'ordre de 30
% de l'activité dans la filière. Nous avons été très touchés. Cela s'est traduit par un accroissement des délocalisations. Pourtant, je reste optimiste. Je crois au redémarrage des embauches de profils qualifiés dans les prochains mois. Au global, elles vont compenser les disparitions de postes dans les unités à volume, comme c'était déjà le cas avant la crise. Ce sont elles qui sont touchées par les plans sociaux.
Dans la filière, l'avenir appartient, selon vous, aux entreprises les plus flexibles...
Oui. L'espoir demeure pour les entreprises capables d'apporter des réponses technologiques spécifiques en très peu de temps. Souvent, il s'agit de PME. La souplesse est devenue primordiale pour répondre aux à-coups du marché.
Comment réussir à maintenir la production en France et en Europe?
Vaste sujet... Je pense que l'on peut se battre sur le terrain du lean manufacturing, des délais et de la variété de l'offre pour être au plus près de la demande. Au lieu de commander 1.000 pièces stéréotypées en Chine, vous devez être capables d'acheter au compte-gouttes, à proximité de chez vous, des pièces répondant exactement aux souhaits du client. L'approche n'est plus celle du prix mais celle du coût global. Par ailleurs, les entreprises ont intérêt à investir en amont du cycle de vie des produits. C'est là que réside la plus forte valeur ajoutée. Elles doivent toujours avoir un coup d'avance dans leur R&D.Si elles se contentent de fabriquer des produits de grande consommation, elles ne feront pas la différence avec les pays à bas coûts de main-d'oeuvre.
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