Avec l’isérois Meilland Richardier, Promesse de Fleurs voit la vie en roses
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Avec l’isérois Meilland Richardier, Promesse de Fleurs voit la vie en roses

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L’horticulteur nordiste Promesse de fleurs a racheté en juin l’isérois Meilland Richardier, grand spécialiste de la rose. Sa gamme vient enrichir le catalogue, déjà très large, du pure-player, qui se développe à l’international.

Pascal Griot — Photo : Carine Mandère

C’est sur un morceau de patrimoine que Promesse de Fleurs (16,5 M€ de CA 2024, 85 salariés) a mis la main en rachetant l’isérois Meilland Richardier, en juin 2025. Avec cette opération, l’horticulteur s’est offert la filiale de vente à distance du rosiériste Meilland, fondé en 1867 et créateur de variétés mondialement connues de roses. À la clé : 70 nouvelles références de rosiers au catalogue, une exclusivité temporaire sur les futures créations de Meilland et un nom reconnu des jardiniers. "Notre marque est très forte aussi dans le milieu", note fièrement Pascal Griot, qui a repris Promesse de Fleurs en 2009. "Nous pesons environ 25 % du marché. C’est simple, avec 25 000 références, nous proposons la gamme végétale la plus large au monde, dont 20 % est produite chez nous. Et la moitié est introuvable ailleurs, c’est un élément clé de notre différenciation."

Améliorer la logistique

Et les amateurs éclairés ne s’y trompent pas, passant jusqu’à 2000 commandes par jour auprès du pure player. C’est justement pour améliorer la logistique autour de ses quelque 250 000 expéditions annuelles que Promesse de fleurs a investi dans un nouveau site, à Premesques (Nord), tout en conservant son ancien siège, à Houplines (Nord). Cet investissement de 5,5 millions d’euros lui permet de doubler sa surface de serres (2 ha en tout) et de cultures (6 ha en tout), et de bénéficier d’un entrepôt de 5 000 m², mieux adapté et "surdimensionné, pour absorber la croissance future". En haute saison, jusqu’à 160 salariés entretiennent, prélèvent, contrôlent puis emballent les plantes et arbustes avant de les expédier, en France et en Europe.

Car l’international est un axe fort de développement pour la PME. Déjà traduit en anglais, le site est depuis 2024 accessible en allemand, italien et espagnol. "On garde la même méthode : pas de publicité, on laisse faire le référencement naturel. C’est une stratégie de mèche lente : notre gamme, riche en raretés, finit par attirer notre cible qu’est le jardinier passionné," se félicite Pacal Griot. Résultat : au printemps 2025, l’export représente 13 % du chiffre d’affaires, contre 6 % un an plus tôt.

"Nous avons ouvert quatre pays entre mars et novembre 2024. Au bout de 6 mois, chacun était rentable. Nous venons donc de décider d’en ouvrir trois nouveaux d’ici le début 2026. Reste à déterminer lesquels," s’amuse Pascal Griot. Qui vise "une bonne trentaine de millions d’euros" de chiffre d’affaires à cinq ans, avec 150 CDI.

Animer une communauté de passionnés

En parallèle, le travail de fond continue pour traduire non seulement les fiches produits, mais aussi la Bible que représentent les conseils pratiques dispensés par Promesse de Fleurs. Un contenu central pour fidéliser les visiteurs, nourrir une communauté et renforcer la notoriété du site, devenu l’un des premiers médias "jardin" de France. "Huit personnes sont dédiées à la rédaction. C’est à la fois un point d’entrée, et un outil de notoriété et de satisfaction client. Paradoxalement, nous ne sommes pas très forts sur les réseaux sociaux, alors que nos contenus s’y prêteraient bien. Nous réfléchissons à une façon pertinente d’investir Instagram ou Tiktok." L’objectif est aussi de rajeunir une clientèle plutôt senior, en écho au lancement d’une nouvelle gamme dédiée aux plantes d’intérieur, jusqu’ici absentes du catalogue.

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