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"Avec le Fairly Score, nous avons imaginé le Yuka des événements culturels"
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François Gautreau responsable communication de Grand Bonheur "Avec le Fairly Score, nous avons imaginé le Yuka des événements culturels"

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En début d’année, la coopérative marseillaise Grand Bonheur, recevait le soutien du fonds InvESS’t Paca pour mener l’un de ses projets phares, le lancement du Fairly Score. Sa version bêta désormais opérationnelle, François Gautreau revient sur les ambitions de Grand Bonheur pour encourager les bonnes pratiques de la part des organisateurs d'événements culturels.

La coopérative Grand Bonheur œuvre à la création de solutions technologiques dédiées à la RSE à travers la solution Fairly, qui calcule et affiche l’impact des événements culturels — Photo : Cem Gültepe

Pour quelles raisons la coopérative Grand Bonheur a-t-elle choisi de lever des fonds ?

La question de la levée de fonds s’est posée lorsqu’il a fallu mener de front deux projets : redonner vie à l’Espace Julien, suite au gain de l’appel à manifestation d’intérêt lancé par la Ville de Marseille et lancer le Fairly Score. Pour notre société coopérative d’intérêt collectif, née du rassemblement de plusieurs membres fondateurs, pour mutualiser les ressources, et comptant une quarantaine d’employés, il nous fallait une capacité d’amorçage, en l’occurrence 400 000 euros. Et nous avons une fois de plus démontré notre capacité à générer des modèles économiques prônant le mélange des sources de financements, internes, publiques et privées. Plus récemment, nous avons aussi obtenu le soutien de France 2030.

Comment le Fairly Score est-il né ?

Durant la crise sanitaire, nous avons réfléchi à la meilleure manière de faire notre métier, qui consiste à œuvrer dans tous les champs de la production musicale : label, accompagnement d’artistes, événements musicaux. Nous nous sommes intéressés à quelques idées, comme le Nutri-Score. Rapidement a émergé l’envie de créer une sorte de "Yuka" (application mobile qui permet de scanner les produits alimentaires pour connaître leur impact sur la santé, NDLR) du billet de concert pour permettre à tous de savoir ce qu’il se cache derrière un concert ou un événement culturel.

Puis, nous avons rencontré Maxime Faget, le fondateur de Fairly SAS, qui développait un projet à peu près similaire au nôtre. Nous avons décidé de poursuivre ensemble et avons marié nos deux structures, Fairly SAS et Grand Bonheur, via un échange de parts sociales. Ensemble, nous avons mis au point le Fairly Score, une solution pour mesurer, afficher les impacts environnementaux, sociaux et territoriaux des lieux et événements de la filière musicale. Et impliquer les publics vis-à-vis de cela. Depuis quelques semaines, une version bêta du Fairly Score est disponible avant la diffusion d’une Version 1 à l’automne.

Que mesure ce score ?

Nous afficherons un score tripartite : l’impact carbone, l’impact écologique au sens large, l’impact éco-social. L’interface de Fairly permet d’agréger différentes données : des données déclaratives via des questionnaires simples, le chargement des devis et factures, la connexion automatisée à des logiciels métiers utilisés pour la production d’événements.

Notre ambition est d’embarquer le maximum d’acteurs de la filière et d’avoir ainsi des indicateurs pour permettre à tous de "mieux faire".

Quel est son modèle économique ?

Le Fairly Score sera commercialisé auprès des organisateurs d’événements sous la forme d’abonnements mensuels. Nous aurons d’abord un prix d’appel puis ce prix variera en fonction de la taille de chaque événement. Notre objectif est de conquérir une dizaine de clients dès cette année, puis rapidement quelques centaines, sachant que la filière regroupe 4 000 à 7 000 festivals en France par an et plusieurs milliers de salles de diffusion. Le chiffre d’affaires ainsi généré permettra notamment de financer les mises à jour de l’outil que nous voulons hisser au rang de référence majeure en Europe.

Autre sujet, l’Espace Julien. Quel est votre projet pour cette salle marseillaise ?

Notre projet pour cette scène de musiques actuelles, située en centre-ville, est mené avec quarante acteurs culturels et quatre lieux qui partagent la gouvernance de ce projet collectif innovant (La Mesón, Le Makeda, le Théâtre de l’Œuvre, et l’Espace Julien). Le soutien du fonds InvESS’t Paca nous a déjà permis d’engager les investissements pour une reprise rapide des activités. Ensuite, nous voulons inscrire cette scène dans une dynamique de territoire dédiée à la diversité, via l’accueil d’artistes en résidence ou l’organisation de tremplins. À plus long terme, notre ambition est de remettre Marseille sur la carte des musiques actuelles.

Marseille # Activités culturelles # Événementiel # Start-up # Engagement sociétal
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