"L’automobile européenne était en danger de mort. Aujourd’hui, nous changeons le cours de l’histoire", se félicite Stéphane Séjourné, vice-président exécutif de la Commission européenne à la Prospérité et la Stratégie Industrielle. L’Europe vient en effet de faire machine arrière sur l’interdiction de vendre des voitures thermiques neuves à partir de 2035.
L’Europe ne tourne pas le dos pour autant aux voitures électriques. Ni à ses objectifs de décarbonation pour les industriels de l’automobile. Mais assouplit les règles du jeu. C’est ce que demandaient de nombreux industriels automobiles ces derniers mois. Leur demande de flexibilité a donc été écoutée. Il faut dire que l’enjeu est de taille : l’industrie automobile pèse 7 % du PIB de l’UE et emploie près de 14 millions de personnes.
Mécanisme de compensation
Ce qui va changer ? Jusqu’à présent les industriels étaient tenus de réduire de 100 % de réduction des émissions de C02 à partir de 2035. Cette obligation est rabaissée à 90 %. Toutefois, "les 10 % d’émissions restantes devront être compensées par l’utilisation d’acier à faible teneur en carbone fabriqué dans l’Union ou de carburants électroniques et de biocarburants", explique la Commission Européenne.
Ce procédé laisse de la place aux constructeurs pour continuer à fabriquer des véhicules hybrides rechargeables, des prolongateurs d’autonomie, des véhicules hybrides légers, des véhicules à moteur à combustion interne. Dans des proportions non dévoilées pour le moment.
Favoriser le made in Europe
Pour encourager l’essor des véhicules électriques, la Commission européenne compte mettre en place avant 2025 des "super crédits" pour les petites voitures électriques abordables fabriquées au sein de l’Union. Cela doit favoriser la création de véhicules plus petits.
L’Europe compte aussi soutenir la filière émergente des fabricants de batteries, au moyen de 1,5 milliard d’euros de prêts sans intérêt. "D’autres mesures ciblées soutiendront les investissements, créeront une chaîne de valeur européenne des batteries et favoriseront l’innovation et la coordination entre les États membres", indique la Commission européenne.