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Au Mans, Veolia va construire une unité de valorisation énergétique inédite avec captage de carbone
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Au Mans, Veolia va construire une unité de valorisation énergétique inédite avec captage de carbone

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Le groupe Veolia va investir huit millions d’euros au Mans, pour moderniser son unité de valorisation des déchets en énergie. Sa nouvelle technologie de décarbonation sera unique en France, indique l’entreprise. Veolia en a fait son unité pilote en la matière. Si les tests sont concluants, le CO2 capté pourra notamment être commercialisé comme composant pour l’industrie.

Au Mans, l’unité de valorisation énergétique Syner’val est passé en 50 ans de service de l’incinérateur à une usine de pointe dans la valorisation des déchets. En 2026, Veolia fera de sa filiale un site pilote pour le captage du CO2 — Photo : Veolia

Au Mans, l’unité de valorisation énergétique (UVE) des déchets est raccordée au réseau de chauffage urbain depuis 1991. Le site va désormais aller plus loin que la récupération de chaleur : le CO2 émis sera récupéré pour être recyclé.

Un programme de 12 millions d’euros, dont 8 millions investis au Mans

"C’est une première en France", selon Jean-François Nogrette, directeur général de Veolia France. L’opérateur gère l’unité du Mans via sa filiale Syner’val (40 salariés, 26,3 M€ de CA en 2024). Veolia souhaite capter le CO2 émis par les déchets incinérés sur le site et le valoriser auprès d’autres acteurs économiques. Pour ce programme pilote, l’UVE du Mans fait l’objet d’un investissement de huit millions d’euros sur deux ans.

Quatre autres millions seront injectés en parallèle aux États-Unis, à partir de 2026. Cette enveloppe devra permettre de réduire de 50 % les émissions de carbone d’une unité de valorisation de déchets dangereux située à Port Arthur (Texas).

Une nouvelle activité industrielle pour Veolia

Si le process testé sur ces deux sites pilotes s’avère concluant, c’est une nouvelle activité industrielle que pourra développer Veolia (215 000 salariés pour 44,7 Md€ de CA 2024). Car le carbone capté pourrait être recyclé auprès d’intervenants de différentes filières. Après capture et liquéfaction au moyen de solvants, ce carbone pourra servir de nouvelle ressource dans l’agriculture, chez les serristes notamment, en matières minérales, pour la fabrication de carburant. Ou encore dans l’industrie : "pour recharger les extincteurs et produire de la glace carbonique", prend en exemple Veolia.

Le groupe affirme qu’il "s’engage à étudier toutes les voies de valorisation du CO2 en favorisant les applications locales pour créer une démarche circulaire à l’échelle du territoire".

Capable de traiter 10 tonnes de CO2 par jour

"L’UVE du Mans constitue le fer de lance au niveau mondial de cette technologie de décarbonation", réagit le maire du Mans, Stéphane Le Foll dans un communiqué. Le démonstrateur industriel du Mans sera opérationnel en 2026. Il sera capable de "traiter 10 tonnes de CO2 par jour, avec un taux de capture à 90 %", annonce Veolia.

Les déchets déjà valorisés

Le site de traitement des déchets du Mans existe depuis cinquante ans. Il est passé d’une usine d’incinération à "un modèle industriel de pointe", selon Syner’val, dont "le taux de valorisation des déchets ménagers est de 97 %." L’UVE produit ainsi 170 000 MWh de chaleur, équivalent au chauffage de 17 000 logements, mais aussi 58 000 MWh d’électricité.

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