Le mariage du Grenoblois Sogreah, spécialisé dans l'ingénierie en hydroélectricité, et du Francilien Coteba, actif dans le bâtiment et les transports urbains et interurbains, a créé un groupe de 2.800 salariés et 320M€ de chiffre d'affaires en 2011. «Nous sommes devenus un des poids lourds de l'ingénierie française», commente Jacques Gaillard, coprésident d'Artelia avec Alain Bentejac, respectivement ex-dirigeants de Sogreah et de Coteba. «Le rapprochement s'est fait facilement car il s'agit d'une fusion entre égaux. Les deux entreprises étaient issues de LMBO de grands groupes industriels, avec pour actionnaires des personnes physiques, cadres et salariés.»
Renfort territorial et sectoriel
Artelia se développe sur trois secteurs: les problématiques de l'eau, de l'environnement et de l'énergie issues du savoir-faire de Sogreah; le bâtiment et l'industrie héritées de Coteba; la ville et les transports, un domaine où les compétences des deux entreprises trouvent des synergies. «L'international constitue notre 4esecteur de développement, puisque nous avons regroupé nos40 filiales dans le monde. Constituer une force de frappe plus importante, notamment à l'international, est d'ailleurs une des raisons de notre rapprochement», confie Jacques Gaillard. Pour peser plus lourd encore face à des concurrents comme Egis (n°1) ou Systra, filiale de la SNCF et RATP (n°3) spécialisée dans les transports, Artelia (n°2) enchaîne les croissances externes. Depuis sa création en mars2010, elle a ainsi repris les sociétés iséroises Spretec (ingénierie hydromécanique; 4M€ de chiffre d'affaires, 40 personnes) et GECC (bureau d'études spécialisé dans le bâtiment pour restauration collective; 1,5M€, 15 personnes). Et, tout récemmen, la Toulousaine Sotec Ingénierie, reprise au groupe Systra, active dans le bâtiment et les grandes infrastructures (6M€; 60 personnes). «Ces acquisitions visent à renforcer encore plus nos implantations locales et à nous positionner sur des niches», explique Jacques Gaillard. Une autre partie des croissances externes se situe à l'international. En février dernier, Artelia a effectué son premier "gros" rachat à l'étranger: Appleyards, au Royaume-Uni, spécialisée dans le management de projet dans le domaine de la construction. «Avec Appleyards et ses filiales, nous pesons 15M€ de chiffre d'affaires en Angleterre, avec 150 personnes. Nous commençons donc à avoir une taille significative.» Ce mois de mai, Artelia vient aussi de reprendre DPG Plan, au Brésil qui, associée à la filiale déjà en place, constitue une entité de 2,5M€ de chiffre d'affaires et 25 personnes. «À terme, nous visons au moins 50% de l'activité à l'international, contre un tiers actuellement», projette Jacques Gaillard. Le ralentissement économique en Europe pousse Artelia à se développer au-delà. En France, comme toutes les entreprises qui travaillent beaucoup avec les collectivités locales et les investisseurs privés en immobilier d'entreprise, un ralentissement des projets est à craindre. Pour l'heure, la société d'ingénierie traverse bien la crise: «Notre cahier des charges est bien rempli, souligne le coprésident, mais nous nous interrogeons sur le moyen et le long terme.»
Artelia
(Lyon) Coprésidents: Jacques Gaillard et Alain Bentejac Chiffre d'affaires 2011: 320millions d'euros 2.800 salariés www.arteliagroup.com