En 2025, la consommation électrique a été stable, avec 451 térawattheures (TWh) utilisés (+ 0,4 %) mais "très en retrait" par rapport à celle de la période 2014-2019, dévoile RTE, le gestionnaire du réseau public de transport d’électricité, dans son bilan de l’année écoulée. La production électrique française, à 95 % décarbonée, a quant à elle atteint 547,5 TWh ce qui a permis d’enregistrer un nouveau record d’exportations.
Selon ce bilan, toutes les régions n’ont pas le même niveau de production. L’Auvergne-Rhône-Alpes est le territoire qui produit le plus d’électricité (119 TWh) et qui en utilise le plus également (62 TWh), tout en restant derrière l’Île-de-France en volume de consommation (65 TWh).
Les industriels ont moins consommé en 2025
Cette stagnation est notamment liée à la consommation des professionnels et à une meilleure efficacité énergétique, selon le Réseau. "La persistance des répercussions de la crise énergétique et du contexte géopolitique incertain, en particulier sur l’activité industrielle, ainsi que les progrès liés à l’efficacité énergétique, tendent à compenser la faible électrification des usages", explique RTE dans son bilan.
"De fortes incertitudes géopolitiques et une concurrence internationale accrue"
La consommation des "grands consommateurs raccordés au réseau public de transport", qui sont pour la plupart des industriels, a ainsi baissé de 1,7 % en 2025. Par rapport au niveau de 2014-2019, la chute est bien plus marquée et atteint -13 %.
Pour RTE, cette diminution est liée au contexte macroéconomique, est donc "marquée par de fortes incertitudes géopolitiques" mais aussi par "une concurrence internationale accrue". Elle est aussi largement portée par l’industrie chimique, qui a connu une année difficile avec de nombreuses fermetures de site.
Une hausse de la consommation attendue du fait de trois secteurs
Trois secteurs devraient permettre d’accélérer la consommation électrique dans les prochaines années. Les centres de données "sur site dédié" d’abord, qui ont consommé près de 1 TWh en 2025, contre 0,8 en 2024. Ils se sont également vus attribuer 14 gigawatts de droits d’accès au réseau de transport d’électricité, c’est-à-dire qu’ils ont réservé une puissance de raccordement auprès de RTE.
Parmi les autres droits d’accès attribués, RTE cite des unités de production d’hydrogène (9,5 GW) et des projets d’électrification de sites industriels existants ou à venir (6,5 GW).
Au total, sur ces 30 GW de droits d’accès accordés en 2025, "environ la moitié concerne des projets dont une mise en service est prévue pour la période 2025-2029". Une hausse de la consommation est donc anticipée mais cette dernière reste "difficile à estimer précisément", nuance RTE. Le gestionnaire du réseau public de transport d’électricité évoque les "incertitudes qui pèsent sur les vitesses de montée en charge et les taux de réalisation des projets".