La restructuration du dentellier Darquer & Méry entre dans une nouvelle phase. Placée en redressement judiciaire par le tribunal de commerce de Boulogne-sur-Mer le 22 mai 2025, l’entreprise spécialisée dans la dentelle Leavers a déjà vu une partie de ses activités préservée avec la cession à la barre du tribunal de commerce de Méry. Cette information a été révélée dans une réponse ministérielle publiée au Journal officiel de l’Assemblée nationale le 10 février 2026. Le document précise qu’une offre de reprise portant sur l’activité Méry a été validée par le tribunal dans un jugement rendu le 17 décembre 2025, sans que l’identité du repreneur ne soit rendue publique.
44 salariés aujourd’hui
Reste désormais à sceller le sort du reste de la société, renommée simplement Darquer. L’administrateur judiciaire Ajilink a lancé une recherche de repreneur pour cette activité de fabrication, commercialisation et négoce de dentelles. Les candidats ont jusqu’au 26 juin 2026 pour déposer une offre. Implantée dans les Hauts-de-France, l’entreprise emploie 44 salariés et a réalisé un chiffre d’affaires de 5,48 millions d’euros au 31 décembre 2025.
Le groupe Darquer & Méry avait été repris en 2019 par l’entrepreneur valenciennois Pascal Cochez. Il s’était ensuite illustré dans la consolidation de la filière en reprenant en 2023 le dentellier calaisien Desseilles, autre acteur historique de la dentelle Leavers alors en difficulté. Le dentellier nordiste Solstiss était ensuite entré au capital en tant qu’actionnaire minoritaire en 2024. Malgré un carnet de commandes jugé soutenu (le chiffre d’affaires est passé de 1,69 M€ en 2023 à 4,93 M€ en 2024), notamment dans les marchés de la lingerie et du luxe, les faibles marges ont fragilisé la trésorerie de l’entreprise.
Une filière fragilisée depuis des années
La PME subit depuis plusieurs années la baisse des marchés et la concurrence des pays à faibles coûts de main-d’œuvre, tout comme l’ensemble de la filière de la dentelle de Calais-Caudry, malgré l’obtention d’une indication géographique (IG) début 2024. Les restructurations successives ont fortement réduit ses effectifs, qui atteignaient encore près de 1 000 salariés au début des années 2000. La filière a quant à elle connu bien des années fastes en deux siècles d’existence, comptant plus de 30 000 salariés à son apogée, à savoir la première moitié du XXe siècle, avant un lent déclin durant les dernières décennies, marqué par des faillites et des concentrations.