L'activité assurance du groupe atteint au dernier exercice 1,3 milliard d'euros, soit un bond de 25 % par rapport à 2013. Comment analysez-vous cette progression ? Cette croissance s'est faite à périmètre identique, portée principalement par l'épargne - c'est-à-dire l'assurance-vie individuelle, secteur où l'on a enregistré une croissance de la collecte de l'ordre de 50 %, ce qui nous fait revenir à nos meilleurs niveaux de 2011. Nous notons également une croissance importante du chiffre d'affaires sur la santé prévoyance.
La partie " retraite complémentaire " du groupe a également progressé mais beaucoup plus modestement, de l'ordre de 4,8 %...
Sur cette activité, nous ne sommes que gestionnaires, contrairement à l'activité assurance de personnes. Mais cette progression, même modeste, est pour nous un marqueur de redressement des cotisations et donc de la masse salariale sous-jacente. Les années précédentes ont en effet été des années de crise avec la disparition ou la baisse d'activités de nombreuses entreprises. En 2014, la tendance s'est donc un peu inversée même si au niveau global, le chômage continue d'augmenter.
Apicil a procédé à plusieurs opérations de croissance externe dont la dernière en février, en rachetant Skandia, ex-filiale du groupe anglo-saxon Old Mutual. Quels retours avez-vous sur cette dernière opération ?
Cette société nous intéressait particulièrement pour son côté " haut de gamme " et patrimonial par rapport à l'activité assurance-vie que nous développions jusqu'à présent. L'assurance-vie est un métier dont la rentabilité se fait beaucoup sur les encours. Plus vous avez d'actifs à gérer et plus vous avez de chance de rentabiliser. Cette opération d'acquisition sur Skandia avait un premier but qui était d'augmenter nos encours. Nous sommes ainsi passés de 1 milliard d'euros d'encours en assurance-vie en 2011 à 6 milliards actuellement, dont 2,3 milliards pour Skandia. Il est trop tôt pour analyser l'impact de ce rachat sur nos activités globales mais l'on voit une stabilité de la collecte de fonds depuis que l'entreprise a intégré notre groupe. On en conclut donc que le marché et les distributeurs qui travaillent historiquement avec Skandia ont compris l'opération et la voit d'un bon oeil.
Avez-vous prévu d'autres opérations de croissance externe ?
On travaille avec un certain nombre de mutuelles. En 2014, nous avons ainsi signé un protocole d'accord avec la mutuelle stéphanoise Miel qui vient de voter, lors de son assemblée générale, la substitution, c'est-à-dire le fait que son chiffre d'affaires rentre dans notre périmètre de combinaison et d'acter son adhésion à la structure de tête du groupe Apicil. Le monde des mutuelles est aussi en forte mutation : en 10 ans, ce secteur, au niveau national, est passé de 6.000 à 600 mutuelles. Dans ces conditions, nous sommes en échange permanents avec l'ensemble des acteurs de la filière.
Quel est l'impact sur les activités du groupe de l'accord national interprofessionnel (ANI), qui impose à compter du 1er janvier 2016 une complémentaire santé à tous les salariés ?
L'ANI va nous donner des clients potentiels en plus. Mais sur le plan global du marché, il n'y a pas de création de business. Nous allons remplacer des activités orientées sur la santé individuelle par des activités sur la santé collective, nettement moins rentables. Et cela va générer une augmentation drastique de la concurrence : tous ceux qui sont opérateurs sur l'individuel vont en effet se précipiter sur la santé collective. Nous allons vers un effondrement des marges, déjà réduites, sur le marché de la complémentaire santé.
APICIL
(Lyon) DG : Philippe Barret 1.300 salariés CA 2014 (assurance de personnes) : 1,3 Md€ www.apicil.com