La deeptech strasbourgeoise Alysophil, spécialisée dans la chimie en flux continu assistée par intelligence artificielle, finalise sa première micro-usine chimique mobile. Pensée au format conteneur de 25 m², cette unité doit permettre de produire localement, à la demande, des molécules à haute valeur ajoutée pour des secteurs comme la cosmétique, la pharmacie ou certaines applications défense.
Présent au salon Eurosatory du 15 au 19 juin 2026, son président Philippe Robin est venu y sonder de nouveaux débouchés. "Cette micro-usine est prête. Maintenant, il faut voir comment et avec qui nous allons la déployer", explique le dirigeant.
Plusieurs millions d’euros investis
Fondée en 2018, l’entreprise compte aujourd’hui 17 salariés et a investi plusieurs millions d’euros dans le développement de sa technologie. Son chiffre d’affaires, lui, n’est pas communiqué. L’enjeu désormais est commercial : faire de ces unités compactes un levier de croissance, soit pour produire directement pour des industriels, soit à terme pour dupliquer ces systèmes chez des partenaires.
"Nous travaillons sur le développement de nouvelles molécules avec l’intelligence artificielle, pour accélérer leur conception et identifier plus rapidement les meilleures formulations"
Installée depuis mai au Campus Ourisson, dans les locaux de son partenaire historique NovAliX, Alysophil y a transféré son siège social et ses activités de laboratoire. Un choix stratégique. "Nous avons construit une relation de long terme avec NovAliX. Être ici nous permet d’être au plus près de leurs équipements, de leurs compétences et de l’écosystème scientifique strasbourgeois", explique Philippe Robin, président d’Alysophil.
Produire plus vite, plus localement
Le principe repose sur la chimie en flux continu : un procédé qui permet de miniaturiser et de sécuriser certaines étapes de synthèse chimique, tout en réduisant les volumes, les coûts et les délais de développement.
À cela s’ajoute l’intelligence artificielle. "Nos micro-usines sont pilotées par IA. Cela permet d’optimiser les paramètres de production en temps réel", détaille Philippe Robin.
Mais l’IA intervient aussi plus tôt dans la chaîne. "Nous travaillons aussi sur le développement de nouvelles molécules avec l’intelligence artificielle, pour accélérer leur conception et identifier plus rapidement les meilleures formulations", poursuit-il.
L’objectif in fine : raccourcir les cycles de développement et améliorer les rendements, notamment sur des marchés où la rapidité d’adaptation devient stratégique.
Un consortium industriel pour accélérer
Cette première micro-usine s’inscrit dans le cadre du projet PIPAc, un programme de 3,5 millions d’euros réunissant NovAliX, De Dietrich Process Systems, Brüker et Alysophil pour développer une nouvelle génération de micro-unités de production chimique.
De Dietrich, entré minoritairement au capital en 2023, intervient sur la conception des systèmes industriels, tandis que Brüker apporte les briques analytiques nécessaires au pilotage fin des procédés. Alysophil espère désormais transformer son démonstrateur en outil industriel duplicable, et, potentiellement, exportable.