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Alain Belais, directeur général de l'APCE «La France connaît son Risorgimento»
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Alain Belais, directeur général de l'APCE «La France connaît son Risorgimento»

La France, terre d’entrepreneurs ? Les chiffres du premier trimestre 2011 dessinent un paysage économique en mutation.

— Photo : nadzeya26

Comment expliquer la reprise de la hausse des créations au premier trimestre, y compris hors auto-entrepreneur ?

Alain Belais. Les chiffres de l'Insee (corrigés des variations saisonnières et des jours ouvrables) montrent que depuis le début de l'année le nombre de créations d'entreprises (150.168 unités) est supérieur au mois précédent. Ce phénomène s'observe depuis la mise en place du régime de l'auto-entrepreneur. On assiste à une double évolution. Celle qui concerne les auto-entrepreneurs entrés dans une phase mécanique de stabilisation naturelle du phénomène, ce qui se traduit par un infléchissement du nombre de créations. Et celle qui touche les créations d'entreprises dites "classiques", constituées essentiellement de sociétés. Et ces dernières progressent très légèrement, ce qui est un excellent signal.

La France devient-elle un pays d'entrepreneurs ou le phénomène est-il lié à la crise de l'emploi ?

Depuis 2003, la France connaît une sorte de Risorgimento. Une évolution historique et formidablement prometteuse du nombre de créations d'entreprises (+ 189 % en huit ans). Ce qu'il convient de souligner au marqueur - car il s'agit là d'une (r)évolution - c'est ce succès rendu possible par de nombreuses mesures nationales ou locales, et qui a été dynamisé par l'évolution des mentalités des Français. Les demandeurs d'emploi ont bien sûr beaucoup contribué à la forte croissance observée, et notamment en début de période, mais tous les Français sont partie prenante du mouvement (salariés, jeunes, seniors, hommes, femmes...), ce qui nécessite une lecture nouvelle d'un phénomène sans précédent. Il convient par ailleurs de souligner que si un grand nombre de créateurs étaient demandeurs d'emploi avant la mise en place du régime de l'auto-entrepreneur (40 % en 2006), le nouveau dispositif a joué un rôle d'intégration et de normalisation pour les nouveaux entrepreneurs. C'est ainsi que bon nombre de chômeurs, tout en retrouvant un emploi, ont enfin les moyens de donner corps à un projet parfois longtemps enfoui.

Quels sont encore les freins ?

Selon différentes enquêtes, notamment réalisées à la demande de l'APCE, les freins les plus souvent cités sont les besoins financiers. Les Français pensent que créer une entreprise nécessite d'importants capitaux. Mais aussi la peur du risque, la peur de l'échec et ses conséquences professionnelles, économiques et personnelles. Enfin, la complexité des démarches administratives. À cet égard le coup d'envoi par le secrétaire d'Etat en charge des PME, Frédéric Lefebvre, le 24 avril 2010, des Assises de la simplification répond à cette préoccupation majeure.

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