Agroalimentaire : La filière alsacienne marche sur des oeufs
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Agroalimentaire : La filière alsacienne marche sur des oeufs

Filière La pénurie des oeufs touche aussi l'Alsace, qui cumule un double handicap: il n'y a pas de ponte dans la région et l'industrie agro y est très consommatrice d'oeufs.

C'est un cri du coeur que pousse Manou Massenez: «Les plus gros acheteurs d'oeufs ont réussi à "contenir" la hausse des prix à 120%, pour les autres, elle peut atteindre 400%!». La présidente de l'Association régionale des industries agroalimentaires a envoyé un courrier aux élus début avril afin de les alerter sur un sujet qui ne prête pas à sourire. La directive européenne sur le bien-être des poules pondeuses est venue perturber une filière qui, même si elle en a eu le temps, n'a pas eu les moyens d'investir 1milliard d'euros au cumul pour mettre ses sites aux normes. Résultat, les éleveurs ont attendu le dernier moment pour le faire avec pour conséquence moins de ponte actuellement. «On estime qu'il va manquer jusqu'à 21millions d'oeufs par semaine en France jusqu'à cet automne», poursuit-elle, «et cette situation a eu pour effet d'attirer les spéculateurs». Un vrai casse-tête en particulier en Alsace, région où l'on ne trouve plus d'éleveurs, qui ont tendance à servir leurs marchés en immédiate proximité. La région reste, malgré cela, une grande consommatrice d'oeufs et de coule d'oeufs. «Dans la biscuiterie, les pâtisseries charcutières et industrielles, les bretzels et, bien sûr, les pâtes sèches et fraîches», énumère Manou Massenez. Des pâtes parfois sous Indication géographique protégée et où l'oeuf tient lieu de facteur différenciant majeur. Il est, selon elle, impossible d'estimer les consommations de ces industriels, «secret professionnel», mais, en exemple, cite les Pâtes Grand'Mère: une consommation de 4.000 tonnes par an de coule d'oeufs et un impact prix de 15% sur le produit fini. «Nous sommes en plus dans un contexte global de crise, où les consommateurs font attention à leur budget et s'orientent plus vers des produits comme les pâtes», poursuit-elle. Son souhait? Que la Commission européenne se penche sur ce dossier et régule le marché, et que la grande distribution accepte que les transformateurs répercutent les coûts. Une chose est sûre, même si la situation revenait rapidement "à la normale", pas sûr que le prix des oeufs retrouverait complètement son niveau initial.

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