Agro : Moins d'innovations mais de la résistance
# Conjoncture

Agro : Moins d'innovations mais de la résistance

L'entreprise quimpéroise Monique Ranou, qui a pour principal client, son actionnaire le groupe Intermarché (85% des ventes), a fait une bonne année. Les ventes de jambons, knacks et lardons, produits simples et économiques, ont même bénéficié de la crise. Entretien avec Jean-Pierre Ropars, son président.



L'entreprise Monique Ranou a-t-elle senti les effets de la crise?

L'agroalimentaire a été touché, mais nettement moins que d'autres secteurs. Même si les consommateurs ont réduit leur budget, ils ont toujours besoin de manger. Ils vont peut-être moins au restaurant, et rognent plus sur les achats ayant trait aux nouvelles technologies. Et dans la charcuterie, nous avons encore moins été atteints par la crise, car nous produisons vraiment des produits du quotidien. Le jambon, tout le monde en consomme. C'est un produit pratique d'un très bon rapport qualité prix, acheté par toutes les catégories socioprofessionnelles.


Vos ventes se portent bien alors?

Oui! Le marché de la charcuterie s'est bien comporté et a même progressé de 2,5% sur 2009. Les gens ont besoin de produits faciles à utiliser. Chez Monique Ranou, les ventes de jambon ont augmenté de 2,8%. Nos knacks ont aussi très bien marché cette année. Avec un paquet de saucisses et une purée, on prépare un repas pour toute la famille à pas cher. Et le produit qui a carrément décollé, ce sont les lardons, avec+4,5%...


2009 mieux que 2008?

Oui. Notre volume a augmenté de 8%, passant de 39.000 tonnes à 42.000 tonnes, et notre chiffre d'affaires est passé de 151M? à 159-160M?.


Comment voyez-vous 2010?

Le rayon libre-service des GMS est celui qui performe le plus en charcuterie, par comparaison avec le rayon à la coupe. Il nous faut donc des équipements efficaces sur ce marché très concurrentiel de la charcuterie. C'est pourquoi nous avons fait le choix d'investir dans une nouvelle découpe de jambon. Pour 4M?, nous allons disposer d'un nouvel atelier de désossage très compétitif. Cette dépense se fait dans le cadre de notre plan investissement 2007-2008-2009 de 20M?. Notre part à l'export, qui n'est que de 2%, devrait se développer un peu vers l'Angleterre. Quant au jambon et au pâté bio, que nous avons lancés cette année, ils se vendent peu. Mais c'est un secteur que nous allons développer, tout comme notre gamme d'aliments santé et diététiques (jambons pauvres en sel, pauvres en cholestérol,etc.). En revanche, n'ayant pas particulièrement subi la crise économique, la reprise n'aura aucun effet sur notre activité. On espère simplement que le marché continuera de progresser de 2% par an...


Prévoyez-vous des embauches?

Concernant le nouvel atelier de découpe, nous allons clairement avoir besoin de plus de main-d'oeuvre. Nous envisageons d'embaucher 50 personnes en plus de nos590 salariés. Nous souhaitons aussi optimiser au maximum le process, en établissant des plans de formation pour améliorer la performance de nos salariés.



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