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Agriculture : la taxe carbone sur les engrais sera révisée, promet Emmanuel Macron
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Agriculture : la taxe carbone sur les engrais sera révisée, promet Emmanuel Macron

L’Europe est prête à faire marche arrière sur la taxe sur les engrais. C’est du moins ce qu’affirment, en pleine crise agricole, Emmanuel Macron et la ministre de l’Agriculture Annie Genevard.

La taxe carbone pour les engrais que vient de mettre en place l’Union Européenne "sera révisée", promet Emmanuel Macron — Photo : Thierry Ryo

La taxe carbone pour les engrais "sera révisée", promet Emmanuel Macron sur le réseau social X, le mercredi 7 janvier 2026. Depuis le 1er janvier, les engrais azotés importés dans l’Union européenne sont en effet taxés, au titre du Mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (MACF).

Vers une suspension du MACF aux engrais

Mais cela ne devrait pas durer, ce que confirme la ministre de l’Agriculture Annie Genevard, qui estime que l’application du MACF aux engrais "doit être suspendue". Sur le réseau X, la ministre assure : "La réponse du commissaire Sefcovic (commissaire européen au Commerce, à la Sécurité économique, aux Relations interinstitutionnelles et à la Transparence) a été claire : la taxe carbone sur les engrais pourra être suspendue avec effet rétroactif au 1er janvier 2026."

Perte de compétitivité pour les agriculteurs

Taxant les engrais azotés entrants dans l’Union européenne, cette mesure de protection a un effet pervers : elle a pour conséquence d’abaisser la compétitivité des agriculteurs européens utilisant ces engrais, puisque ces derniers vont devoir les acheter plus cher. Directeur général de la coopérative agricole normande NatUp (1 800 salariés), Laurent Lemarchand estime ainsi que la taxe sur les engrais augmente de 5 % le coût de revient des céréaliers. "Je ne vois pas comment on pourrait être compétitif par rapport à du blé russe, argentin ou australien", nous expliquait il y a quelques jours le dirigeant normand.

Des exploitations agricoles "déjà exsangues"

Pour la FNSEA, cette taxe constitue "un véritable coup de massue pour des exploitations déjà exsangues". "Cela fait déjà trois ans que les cours du blé ne couvrent plus les coûts de production. Et au lieu d’aider les producteurs à respirer, en mobilisant le fonds de gestion de crise, l’Europe décide de les taxer encore plus en instaurant cette nouvelle taxe qui est une bombe à retardement économique", s’alarmait cet automne le syndicat agricole

Crainte de baisse de la production agricole

En taxant les engrais, les effets seraient désastreux pour l’agriculture française et européenne : "Cette taxe carbone aux frontières fera inévitablement chuter la production en France, parce qu’il y aura moins de débouchés, tout en important davantage de matières premières agricoles", prédit Laurent Lemarchand.

Si l’UE fait effectivement machine arrière sur cette taxe, la question de la décarbonation de l’agriculture française restera entière. Tout l’enjeu consiste à réussir à décarboner l’agriculture française tout en décarbonant aussi l’alimentation des Français, résume le patron de Natup.

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