La nouvelle est tombée le même jour que le comité d'entreprise de Gad SAS (lire ci-dessus). Le 13 février, l'Autorité de la concurrence a annoncé des sanctions envers cinq grands abatteurs bretons : Abera, Bernard, Gad, Groupe Bigard et Socopa Viandes. Les cinq entreprises devront payer 4,5 M€ pour pratiques anticoncurrentielles mises en oeuvre dans le secteur de l'abattage et de la commercialisation du porc charcutier en 2009. L'Autorité leur reproche une « fixation concertée des quantités de porcs dans le but de faire baisser le prix du porc payé aux éleveurs ». Une diminution concertée des abattages leur a permis d'influer sur le prix du porc au Marché du porc breton (MPB) et a engendré des baisses de prix aux détriments des éleveurs producteurs. La décision fait suite à la saisine de l'Autorité par quatre éleveurs porcins d'Ille-et-Vilaine, complétée par une saisine d'office.
Réduction de sanctions
Le groupe Bigard (Quimperlé) est le plus lourdement sanctionné avec une somme d'1,3 millions d'euros à laquelle s'ajoute 1,7 millions d'euros à payer conjointement et solidairement avec Socopa Viandes, entité créée par les deux entreprises (Quimperlé, 29). Le groupe de Saint-Brice-en-Coglès (35) Aberra devra lui verser 595.000 ? ; Bernard (Locminé, 56), 577.000 ?. ; Cooperl, 18.000 ? et Gad, 257.000 ?. Le groupe normand AIM/HAIM a aussi été sanctionné (2.460 €), tout comme la fédération des acheteurs au cadran (FAC) (2.700 €) et le syndicat professionnel des abatteurs (SNCP, devenu depuis French Meat Association) (13.500 €) pour avoir, notamment, diffusé des consignes de prix entre les abatteurs. Aucun des cinq abatteurs bretons en cause n'a contesté ces pratiques. Des réductions de sanctions ont été accordées pour tenir compte du contexte de crise dans la filière. Ainsi, ayant invoqué des difficultés financières, Gad a bénéficié d'une réduction de sa sanction, passant de 1,3 millions d'euros à 257.000 ?. Bernard et le groupe Bigard-Socopa Viandes se sont, eux, engagés à mettre en place un système d'audit et de contrôle pour rester en conformité avec les règles de non-concurrence. Leurs sanctions ont été diminuées de 18 %. Ces sanctions interviennent alors que la filière porcine est en pleine crise. « Les abattoirs tournent à 60 % de leurs capacités, quand en Allemagne, ils tournent en surcapacité, explique Jean-Paul Kerrien, président du Crédit Agricole du Finistère. Et on a connu une baisse de 2 % des abattages en 2012. Il n'y a pas d'autres solutions que de restructurer le secteur. »
Porc Cinq abattoirs bretons se sont vus sanctionnés par l'Autorité de la concurrence pour entente sur les prix lésant les éleveurs et les consommateurs.